Monsanto, cette mauvaise herbe

©RV DOC

Le Roundup à nouveau condamné aux Etats-Unis.

Pour la deuxième fois en quelques mois, un tribunal américain conclut que le Roundup, le désherbant de Monsanto, a causé un cancer. La firme est condamnée à verser 80 millions de dollars à une victime malade atteinte d’un lymphome non-hodgkinien attribué au produit. L’indemnité est une paille pour le géant de la chimie, Bayer, propriétaire de Monsanto. Sa perte est ailleurs. Son action a perdu 45% de sa valeur depuis l'acquisition de Monsanto en juin 2018. On a le droit de s’interroger sur la suite, lorsqu’on sait que 4.000 autres actions du genre sont en cours devant la Justice américaine.

Qu’est venu faire le chimiste allemand dans la galère Monsanto? Pourquoi a-t-il déboursé 63 milliards de dollars pour une firme dont le produit vedette est sanctionné par la Justice? Les deux sociétés ont déjà trébuché dans l’histoire. Bayer provient du groupe IG Farben, tristement célèbre pour son "Zyklon B" utilisé par les nazis dans les chambres à gaz. Monsanto est connu pour son "Agent Orange", un défoliant vendu à l’armée américaine qui l’utilisait comme arme de destruction massive lors de la guerre du Vietnam.

Dans cette bataille pour la santé, le politique, chez nous la Commission européenne, porte sa part de responsabilité.

Certes, nous ne sommes plus à cette époque où l’industrie chimique, aux ordres des gouvernements criminels, travaillait sans éthique. Mais, manifestement, nous ne sommes pas encore à l’ère où cette industrie est prête, dans le doute, à renoncer à ses produits les plus controversés, comme le glyphosate, pour se recentrer sur des activités moins toxiques pour le genre humain.

Dans cette bataille pour la santé, le politique, chez nous la Commission européenne, porte une part de responsabilité. Celle de ne pas oser aller jusqu’au bout de sa mission, qui est, au nom du principe de précaution, d’interdire partout un produit considéré comme mortel par des scientifiques. Pour éviter de trancher, l’Europe s’appuie sur des rapports comportant les copier-coller d’experts de Monsanto. Plus c’est gros, plus ça passe.

La Justice américaine, elle, a compris que cette mauvaise blague avait une fin. Les marchés aussi.

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