Montrez-moi ce sein, Madame De Block

©Sofie Van Hoof

La ministre laisse les femmes en plan

Dans nos contrées, la Grande Faucheuse se réduit souvent à une statistique. Le cancer du sein n’y échappe pas: il est la deuxième cause de mortalité chez les femmes derrière l’accident vasculaire cérébral. Un classement anxiogène qui pousse, c’est compréhensible, bon nombre d’entre elles à s’inquiéter. Avec cette menace: l’évolution de ce cancer du sein est lente, attendre sa détection physique et visuelle (l’apparition d’une boule) lui laisse tout le temps de faire du dégât. D’où la nécessité de consulter un médecin de manière régulière. D’où aussi la nécessité pour le gouvernement d’établir un plan pour soutenir et guider ces visites.

Lire par ailleurs : Réactions opposées au retrait de l'arrêté sur le dépistage du cancer du sein

Le plan de Maggie De Block n’explique rien, si ce n’est à emballer le tout dans des considérations budgétaires.

L’annonce puis le retrait brutal du plan de Maggie De Block envoient un double message catastrophique.

L’annonce d’abord. Il met en évidence l’absence de consensus sur les bienfaits du dépistage. Certains évoquent les dangers de l’exposition aux rayons X, qui pourrait créer un cancer là où il n’y en a pas. Ce serait particulièrement vrai pour les femmes jeunes. D’autres les dangers de surdiagnostic (et donc de traitement) de cancers dits peu évolutifs, c’est-à-dire sans conséquence pour la patiente durant sa vie (on parle de 10% à 20% des cancers détectés). Nulle volonté ici de donner un avis sur ces questions, laissons cela aux spécialistes. Sauf que, dans son arrêté, De Block prend justement parti, et cela sans explication (ses apparitions publiques sont pour le moins homéopathiques), si ce n’est à emballer le tout dans des considérations budgétaires. Pire: elle prête le flanc à une bagarre communautaire en privilégiant les habitudes flamandes sur les mammotests.

Deuxième catastrophe: le retrait brutal de l’arrêté, et cette phrase, équivoque vu ce qui précède: "Les femmes ont été complètement mal informées." Fin de citation. Nous n’en saurons pas plus. Désormais, femmes, mères, filles, amies, allez voir qui vous voulez, quand vous voulez, mais cachez-moi vos seins, la ministre ne veut plus les voir.

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