N'oublions pas les bonnes nouvelles

©Sofie Van Hoof

Correction sur les marchés boursiers

Au cours des dernières années, envahis par un sentiment d’euphorie parfois aveugle, certains investisseurs avaient visiblement oublié que les indices boursiers pouvaient encore enregistrer, de temps à autre, de sérieux revers. Que Wall Street subisse une correction de près de 10% constitue en définitive une bonne nouvelle. Ce qui était malsain, c’était cette ascension continue, avec un indice Dow Jones franchissant tous les paliers avec une facilité déconcertante. Depuis l’élection de Donald Trump en novembre 2016, la Bourse avait gagné pas moins de 45%! Or, tout marché boursier doit parfois ralentir la cadence afin de retrouver des bases plus solides et éviter de se retrouver en pure situation d’apesanteur. C’est ce qui vient de se produire. Et il s’agit plutôt d’un signe de bonne santé boursière, même si de puissants algorithmes ont sans doute accentué le mouvement baissier.

Cette correction montre aussi que les bons vieux adages boursiers comme "Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel" conservent encore une certaine pertinence face à tous ceux qui affirment que "cette fois, c’est différent".

L’autre bonne nouvelle tient aux causes du retour de la volatilité boursière: l’inflation semble à nouveau frapper à la porte. Or depuis la crise de 2007-2008, on pensait que les hausses de prix avaient mystérieusement disparu du paysage économique. Lors de sa réunion de la semaine dernière, la banque centrale américaine (Fed) a pointé ce retour de l’inflation, confirmé d’ailleurs par des chiffres de hausses des salaires aux États-Unis, au plus haut depuis 2009.

Même la Banque centrale européenne, fait rare dans l’histoire, peut se réjouir aujourd’hui de la hausse des salaires des ouvriers de la métallurgie allemande de 4,3%. Cela devrait pousser les prix vers le haut et permettre à la BCE de mieux atteindre ses objectifs d’une inflation proche de 2%.

Bien entendu, le corollaire de cette situation est l’augmentation des taux d’intérêt. Aux États-Unis, la Fed a déjà relevé ses taux directeurs à cinq reprises depuis décembre 2015 et elle devrait encore les majorer en mars prochain. Mais les taux restent toujours très bas (1,25-1,50%). Dans la zone euro, ils voguent même toujours en territoire négatif.

Si le marché obligataire anticipe déjà les futures hausses de taux à court terme, ceci traduit également – autre bonne nouvelle – la belle croissance économique des deux côtés de l’Atlantique. Les profits des entreprises demeurent d’ailleurs globalement bien orientés. Nous ne sommes donc pas dans une crise boursière similaire à celle de l’an 2000, avec l’explosion de la bulle internet, et des sociétés qui souvent n’affichaient aucun bénéfice.

Nous ne sommes pas davantage dans un "remake" de la crise de 2008. Pas de traces ici de produits toxiques ou de crise sur le marché interbancaire. Ou encore d’un retour du spectre du krach de 1987. Oui, nous avons connu un "lundi noir" avec une perte de 1.175 points pour le Dow Jones, la plus importante de l’histoire. Le 19 octobre 1987, le Dow avait perdu 508 points "seulement", mais cela correspondait à plus de 22% de chute de l’indice!

Jusqu’à présent, ceci n’est qu’une correction, rien de plus. Un phénomène normal sur les marchés. On l’avait peut-être oublié…

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