N’oublions pas (trop) les actionnaires

Les lendemains de crise sont durs pour les actionnaires. Passe encore qu'en pleine tempête financière, les gouvernements, trop préoccupés de sauver les épargnants, aient décidé que les intérêts des actionnaires des entreprises en difficultés passeraient au second plan. Dans le cas particulier de Fortis, les actionnaires ont d'ailleurs eu l'occasion de faire entendre leur voix par l'intermédiaire de la justice.

Mais aujourd'hui, à tête reposée, l'opinion d'un certain nombre de " penseurs " n'a pas changé. Ainsi, le projet qui a été développé au niveau des autorités de régulation -Banque nationale et Commission bancaire et financière. Ce projet prévoit qu'en cas de nouvelle catastrophe bancaire, l'Etat pourrait si nécessaire passer outre les droits des actionnaires pour organiser le sauvetage de la banque.

Car en effet, dans le cas de Fortis, il était prévu noir sur blanc qu'un changement d'actionnaire principal devait être entériné par une assemblée générale. C'est d'ailleurs ce qui nous a valu de belles péripéties judiciaires. Et les régulateurs voudraient bien éviter, si le cas se reproduisait à l'avenir, de perdre des mois à répondre aux contestations des actionnaires.

Tout au plus ne faudrait-il pas oublier que les actionnaires et les capitaux qu'ils apportent sont le fondement même du financement des entreprises. Ils font tourner la machine, au même titre que les travailleurs et les clients.

par Martine Maelschalck

rédactrice en chef

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