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Nationalisation impayable

Après plus d’un mois de travail de prospection et d’analyse, le dossier ArcelorMittal commence à s’éclaircir...

Après plus d’un mois de travail de prospection et d’analyse, le dossier ArcelorMittal commence à s’éclaircir. Et il apparaît que la nationalisation des outils liégeois du groupe, tant défendue par les syndicats, ne résiste pas à la dure réalité du pragmatisme. Elle est tout simplement impayable pour une Région wallonne dont le budget est déjà assez tendu (elle doit encore trouver 260 millions d’euros pour boucler celui de 2013) et qui doit en plus injecter de l’argent dans ses différents plans de relance (4,5 milliards d’euros à trouver pour Horizon 2022, etc.). L’aventure paraît également trop risquée au regard des prévisions du marché de la sidérurgie qui peine à décoller.

Certes le portage du fabricant d’armes légères, FN-Herstal, réalisé en 1997, plaide en faveur de l’intervention des pouvoirs publics wallons. Mais les circonstances sont bien différentes. D’une part, le secteur de la défense revêt une telle importance que l’Europe autorise l’intervention des États pour préserver leurs intérêts en matière de sécurité. D’autre part, à l’époque où la Région wallonne a réalisé le portage, le groupe français, Giat, voulait se débarrasser du canard boiteux qu’était FN-Herstal. Aujourd’hui, l’entreprise est en bonne santé et compte parmi ses clients la plus sophistiquée des armées au monde: l’armée américaine. Dans le cas de l’acier liégeois, ArcelorMittal n’est pas vendeur et toute tentative de lui faire changer d’avis ne ferait qu’entraîner une flambée du prix de cession dont le minimum de base n’est déjà à la portée de la Région wallonne.

Mais l’acier wallon a de l’avenir et ses produits de qualité plaident en sa faveur. Il lui faut un repreneur crédible, un partenaire à la recherche d’outils en aval susceptibles d’apporter une véritable valeur ajoutée à ses produits de base. Les travailleurs liégeois en sont capables. La Région wallonne devrait tout faire pour arracher à l’Europe la possibilité d’intervenir aux côtés du futur partenaire qui pourrait venir de l’ex-URSS ou de l’Amérique latine. Les emplois en jeu sont trop importants et l’avenir de l’industrie européenne est en jeu.

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