Ne rien céder à la terreur

Journaliste

Trois morts lors d’une attaque à Utrecht

Que s’est-il passé dans la tête de Gökmen Tanis, 37 ans, pour qu’il sorte une arme dans un tram et détruise trois vies, lundi, dans la paisible ville d’Utrecht? Que s’est-il passé dans celle de Brenton Tarrant, 28 ans, pour qu’il s’arme de fusils d’assaut et massacre 50 innocents, vendredi à Christchurch? Et dans celle de Cherif Chekatt, 29 ans, pour qu’il massacre 5 personnes, fin décembre, à Strasbourg? Chaque fois, le même scénario se répète, lancinant. Un crime atroce. Une alerte terroriste. Une chasse à l’homme. L’image d’un forcené, faisant le tour des médias et des réseaux sociaux. Jusqu’à la nausée. Jusqu’à ce que seul reste le souvenir d’un visage et d’actes inscrits en lettre de sang. Et que les victimes, elles, deviennent des chiffres.

Ce "terrorisme hybride", où se mêlent les revendications idéologiques et la délinquance de droit commun, est sublimé par les réseaux sociaux.

Selon le Premier ministre des Pays-Bas Mark Rutte, l’attaque d’Utrecht avait "toutes les caractéristiques" d’un acte terroriste. Les conclusions de l’enquête sont incertaines, le procureur évoquant un crime d’honneur. Quoi qu’il en soit, cet acte insensé a placé tout un pays en état d’alerte maximale.

Cette tragédie nous rappelle à quel point le "loup solitaire" est devenu le symbole d’un terrorisme de plus en plus craint, de plus en plus répandu. Ce terme fut inventé par les suprémacistes blancs américains. Le groupe État islamique l’a remis au goût du jour pour que son idéologie lui survive à travers un terrorisme sans frontière, imprévisible. Le "modus operandi" est connu. Lors d’un lent processus d’endoctrinement sur les réseaux sociaux, des idéologues, suprémacistes blancs ou islamistes, incitent à distance les esprits faibles à passer à l’action en leur garantissant une place de choix dans leur hideux panthéon.

Ce "terrorisme hybride", où se mêlent les revendications idéologiques et la délinquance de droit commun, est sublimé par les réseaux sociaux.

Cette terreur se répand par la peur et une fascination morbide. Face à cette spirale, il n’est autre réponse salutaire que de ne jamais céder à la terreur.

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