Rénovation des bâtiments scolaires: ne vous arrêtez pas en si bon chemin

Journaliste politique

Les 230 millions d'euros de l'Europe pour la rénovation des bâtiments scolaires ne doivent constituer qu'une première étape.

L’état des écoles en Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) est désastreux. Des cours donnés dans des pavillons datant de l’expo 58, des châssis rongés par les vers et des perruches nidifiant dans les classes, cette situation était encore il y a peu une réalité dans un établissement de la capitale.

Il ne s’agit malheureusement que d’un exemple parmi d’autres. Selon une évaluation de la direction générale des infrastructures, près de 40% du parc immobilier scolaire est exposé à un risque de fermeture dans les 5 à 10 ans. Un scénario catastrophe qui pourrait entraîner la disparition de 75.000 places. Pas de doute, il y a urgence. D’après des estimations du ministre Frédéric Daerden, plus de deux milliards seraient nécessaires rien que pour répondre aux besoins actuels.

Vu ce (très) sombre tableau, l’arrivée imminente d’une manne européenne de 230 millions est une excellente nouvelle. En décidant d’octroyer une large partie des fonds auxquels elle pouvait prétendre à la rénovation de ses écoles, la Fédération a réalisé un pas dans la bonne direction.

Certes, la bisbrouille entre les réseaux sur la répartition du gâteau a quelque peu terni cette avancée, mais pas suffisamment pour en minimiser l’importance. C’est d’autant plus notable que l’exécutif francophone semble déterminé à saisir le taureau par les cornes dans ce dossier. En témoigne le récent prêt de 600 millions qu’il a obtenu de la Banque européenne d’investissement et qu'il consacrera principalement à la rénovation du bâti scolaire d'ici 2024.

Aucun tabou ne peut prévaloir dans ce dossier qui concerne directement l’environnement où évoluent nos jeunes.

Attention, il ne s’agit que de premières étapes et l’attelage arc-en-ciel serait bien avisé de ne pas se reposer sur ses lauriers. Car ce n’est pas dans une classique qu’il est impliqué avec ce chantier, mais bien dans un Grand Tour. Autrement dit, il lui reste un paquet de kilomètres à parcourir avant d’apercevoir la ligne d’arrivée. S'arrêter en si bon chemin serait coupable...

Des moyens, il faudra d'ailleurs encore en mobiliser beaucoup, notamment pour les besoins futurs. Dans une entité à la corde budgétairement, le défi est énorme, mais au diable le défaitisme, le gouvernement devra faire preuve d’ambition, tout en veillant à l'efficacité de chaque euro investi.

Aucun tabou ne peut prévaloir dans ce dossier qui concerne directement l’environnement où évoluent nos jeunes. À ce titre, les opportunités de développer des partenariats avec le secteur privé, ou encore de recourir au principe du tiers investisseur, notamment pour améliorer l'efficacité énergétique des bâtiments, devront être explorées en détail.

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