Nécessaire, cette révolution?

Journaliste

Signature du plan social d’ING Belgique.

Forts de l’aval donné par le personnel, qui a massivement dit "oui" au plan de restructuration négocié pendant six mois chez ING Belgique, syndicats et direction ont apposé ce mercredi leur signature sur des accords accouchés au forceps. Fin de l’histoire?

Tout n’est pas réglé pour autant. Il va falloir faire atterrir les différents volets de cet accord à trois faces: réduction des effectifs, nouvelle organisation du travail, nouveau modèle salarial. Pendant un long moment encore, l’entreprise va consacrer une énergie énorme à concrétiser ce qui a été couché sur papier, à commencer par les nombreux départs. Il y aura encore des moments compliqués.

Fallait-il sortir l’artillerie lourde? Déclencher l’indignation générale? Mettre à ce point en risque sa réputation?

Début octobre, ING Belgique a choisi une méthode bien particulière pour concrétiser sa volonté de changement: la brutalité. Elle a en particulier annoncé la suppression de plus de 3.000 emplois (un sur trois), dont 1.700 licenciements secs.

Six mois plus tard, il est désormais question de 409 à 932 licenciements secs maximum. Bien sûr, on tape haut au départ, histoire de réduire les chiffres ensuite, sur le mode: "Vous avez vu comme on fait de gros efforts pour limiter la casse sociale?" Tactique bien connue.

Mais plus fondamentalement, fallait-il vraiment passer par là? Fallait-il sortir l’artillerie lourde? Fallait-il déclencher l’indignation générale, clients et collaborateurs compris? Fallait-il mettre à ce point en risque sa réputation?

La réponse est non. Toutes les banques doivent réduire leurs coûts. Toutes changent avec le digital, qui transforme les habitudes de consommation. Toutes doivent composer avec des taux d’intérêt durablement bas, qui imposent de revoir leur manière de gagner de l’argent.

Mais jusqu’ici, aucune n’en avait tiré prétexte pour y aller à la hache. Au contraire, d’année en année, de convention collective en plan de départs, les banques réduisent la voilure, sans trop d’éclaboussure, sans trop de casse. La violence du cas ING les incitera – on l’espère – à rester sur cette ligne: évoluer plutôt que révolutionner.

Lire également

Messages sponsorisés