Négociations fédérales: gare à la facture

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Alors que la formation d'un nouveau gouvernement fédéral est plus proche que jamais, tous les partis ont d'excellentes idées pour délier les cordons de la bourse. Mais on ne peut pas dépenser sans compter.

Avanti ! Le président du CD&V Joachim Coens a dégrippé la machine politique en acceptant de négocier un gouvernement sans la N-VA, ce qu’il refusait de faire depuis plus d’un an. Le train Vivaldi - une coalition hétéroclite rassemblant socialistes, libéraux, verts et démocrates-chrétiens - est sur les rails. Mais il reste encore de nombreux obstacles avant qu’il n’arrive à destination.

L’heure est aux négociations. Et aux revendications. Chaque parti a envie d’imprimer sa marque. Logique. Le danger est qu’à force d’additionner les souhaits des uns et des autres, la facture finale ne s’avère très salée.

La crise du coronavirus a fait sauter le carcan budgétaire européen. Les taux bas permettent aux Etats de s’endetter de manière quasi indolore, l’argent étant « gratuit ». Tout le monde en convient : un plan de relance est nécessaire pour sortir le pays de la récession. L’impression a pu être donnée qu’on pouvait dès lors dépenser sans compter. Mais c’est faux.

Les finances publiques belges resteront fragiles pendant de longues années encore.

Les paramètres budgétaires de la Belgique restent délicats. Selon les dernières prévisions du Bureau du Plan, le déficit serait de 11% du PIB cette année et la dette publique tutoierait les 120%. Et malgré le rebond espéré de l’économie en 2021, les finances publiques belges, qui étaient déjà en mauvaise posture avant la crise – notamment en raison de la crise politique –, resteront fragiles pendant de longues années encore. Ces éléments doivent inciter à la prudence, en particulier pour les mesures structurelles.

Il faudra donc dépenser bien plutôt que dépenser beaucoup. Certains choix politiques peuvent être assumés. Relever la norme de croissance du budget des soins de santé, par exemple, est justifié. Au-delà, la relance devra se focaliser sur le soutien à l’emploi, ce qui passe aussi par la compétitivité des entreprises, et à la nécessaire transition écologique de notre économie.

Côté recettes, tout l’enjeu est de savoir qui va payer. On entend déjà beaucoup d’idées : taxe "corona", taxe sur les plus-value, taxe sur le patrimoine, etc. Mais si la justice fiscale est un noble objectif, davantage d’impôts risque de saper la confiance nécessaire à la relance.

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