Négociations fédérales : The show must go on

Geert Bourgeois et Rudy Demotte sont nommés préformateurs.

C’est tellement beau qu’on a du mal à y croire. Après quatre mois de discussions, bilatérales pour la plupart, sans que jamais, en apparence, ne démarre une réelle négociation sur le fond, la tâche de Didier Reynders et Johan Vande Lanotte débouche sur la préformation du gouvernement fédéral. Oui vous avez bien lu "préformation". Au diable les sceptiques, ce simple titre pourrait faire souffler un formidable vent d’optimisme quant à l’avènement prochain d’un gouvernement de plein exercice en mesure d’affronter les défis de l’époque. Pour cause, le Palais royal n’a pu choisir ce terme volontariste qu’en accord avec les deux principaux intéressés, le PS et la N-VA dont les contacts furent sans doute plus fréquents qu’on ne l’a dit ces derniers mois. Les meilleurs ennemis, alors que tout les sépare ou presque, ont accepté ensemble d’entrer dans une logique constructive. En apparence toujours.

Le Palais royal n’a pu choisir le terme volontariste de préformation sans l’accord du PS et de la N-VA.

Pour autant, on va garder le champagne au frais encore un temps. Préformation n’est pas formation. Le prochain rapport des deux préformateurs désignés, Geert Bourgeois et Rudy Demotte, est prévu le 4 novembre. Le processus n’a visiblement pas encore enclenché une vitesse supérieure et les obstacles demeurent aussi nombreux qu’élevés sur le chemin du mariage de raison, à considérer que celui-ci soit souhaitable, bien sûr. Nous avons toujours six partis en présence dont cinq doivent se choisir des nouveaux dirigeants dans les semaines qui viennent.

Les négociateurs finaux d’un accord éventuel ne sont donc pas encore autour de la table. Ajoutons les prises de positions anti-N-VA encore récentes d’un PS qui appelle à l’exclusion des nationalistes. Une option difficile tant elle met CD&V et Open Vld en difficulté mais qu’Elio Di Rupo et Paul Magnette ne peuvent se permettre d’enterrer à ce stade. On fera grâce des divergences de vue qui persistent entre socialistes et nationalistes, autant de prétextes à la rupture. La mission Demotte/Bourgeois occupera donc le terrain pour que tout ce petit monde se mette en ordre de marche. The show must go on.

Lire également

Echo Connect