Non à "l'Europe Mister Cash"

Blocages européens sur la crise des réfugiés

Les divergences entre pays européens sur la prise en charge des réfugiés font ressortir une fracture entre l’Est et l’Ouest du Vieux continent. Hongrie, Pologne, Slovaquie et République tchèque sont farouchement opposés à l’instauration de quotas de migrants.

On ne peut que constater que les pays de l’ancien "bloc de l’Est" sont plus prompts à réclamer la solidarité européenne quand ils doivent en bénéficier. La riposte brandie par Berlin de réduire les fonds structurels n’est évidemment pas une bonne solution mais on peut comprendre la colère allemande… "Non à l’Europe Mister Cash" disait, samedi dans "L’Écho", le ministre Alexander De Croo. Il a raison. L’Europe, ce sont des droits mais aussi des obligations et des valeurs. Ces pays doivent assumer leur part. L’instauration de quotas de réfugiés est une partie de la solution. Une vraie politique d’asile et d’immigration assumée et pensée au niveau européen aussi. La libre circulation ne peut être sacrifiée.

Mais il y a encore plus grave que l’absence de solidarité intra-européenne. Parmi ces récalcitrants, un pays se distingue: la Hongrie du populiste conservateur Viktor Orban. Concédons-le: Budapest est confrontée à des difficultés énormes, en étant un point d’entrée pour des dizaines de milliers de personnes dans l’espace Schengen. Mais la façon dont il y fait face est inacceptable. Construction d’un "mur" de barbelés à ses frontières, criminalisation des réfugiés, diatribes contre les immigrés assimilés à des terroristes et pour la défense des "racines chrétiennes" de l’Europe, traitements dégradants des réfugiés par la police hongroise… Symptomatique: un tribunal autrichien vient de refuser l’expulsion de réfugiés vers la Hongrie au motif que les "droits fondamentaux" n’y sont plus garantis. Orban foule aux pieds la lettre et l’esprit des valeurs européennes. Et ce n’est pas neuf: depuis son arrivée au pouvoir, le Premier ministre hongrois a été régulièrement épinglé pour son autoritarisme et ses atteintes à la liberté d’expression ou aux principes démocratiques. Il est grand temps que l’Europe – la Commission, les partenaires de Budapest, le Parlement européen où le parti Fidesz d’Orban fait partie du PPE – accentue fortement la pression pour mettre un terme aux dérives d’Orban. L’Europe ne peut pas transiger sur ses valeurs fondamentales.

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