Non le football ne réduira pas la dette mais…

©Laurie Dieffembacq

Les cérébraux allergiques aux balles, les blasés du rouge, les pourfendeurs de drapeaux, ceux qui n’aiment rien (et c’est leur droit) honniront cette journée. Et c’est leur droit aussi.

Ce vendredi 11 octobre marque le retour de l’équipe nationale belge de football à la Coupe du monde. Après plus d’une décennie d’absence. Une renaissance synonyme d’emballement médiatique et d’ivresse populaire. N’employons pas de gros mots: point de grande Histoire ici. Juste du football. Vingt-deux jeunes hommes qui courent derrière le cuir. Mais bouder les gros mots relèverait de la myopie coupable.

Non, aucun but, si beau, si capital fût-il, ne réduira la dette du royaume d’un centime. Non, la qualification des Diables rouges ne convertira pas un sécessionniste convaincu en fervent défenseur de l’étendard tricolore. Non, le verdict des urnes belges n’émergera pas d’une pelouse carioca — d’autant plus que le fameux Mundial ne commence qu’après le 25 mai. Évidence que tout cela.

Mais, comme souvent, le truisme s’exonère d’une impalpable subtilité que seule une crise aiguë de snobisme interdirait de déceler. La victoire, celle du nobelisé François Englert comme de Wilmots et compagnie, est un vecteur de fierté. Contagieuse. Une sorte de spirale positive. Or l’économie tient aussi — demandez à un banquier…- de la confiance, comme l’envie d’entreprendre participe de la réussite observée ou le sentiment d’appartenance du succès collectif. Dans la tourmente de la crise, face à la tentation du repli communautaire, un pays a plus que jamais besoin de ces éléments positifs et fédérateurs.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés