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Non, rien n’a changé

©Nima Ferdowsi

uelqu’un qui reviendrait aujourd’hui d’un périple exotique ne serait pas dépaysé. Car à l’évidence, le marché cherche toujours ses marques. Il y a quand même une chose qui a changé : nous ne sommes plus comme il y a quelques mois dans la salle de bal du Titanic où chacun continuait à faire comme si de rien n’était.

Bruxelles (L'Echo) - Quelqu’un qui reviendrait aujourd’hui d’un périple exotique ne serait pas dépaysé. Comme le dit la chanson : « Non, non, rien n’a changé. Tout, tout a continué. » Car à l’évidence, le marché cherche toujours ses marques. Un peu comme si on l’avait poussé dans une chambre noire dans laquelle il progresse en palpant les murs, jusqu’au moment où il re-trébuchera inévitablement.

Rien n’a changé. En ce début d’année martyre post-cataclysmique, la récession est confirmée en Europe, le moral des patrons crève tous les planchers, les entreprises continuent de revoir à la baisse leurs prévisions bénéficiaires, le déficit américain plonge dans les abysses, la bulle des emprunts d’État continue d’enfler dans l’indifférence générale et, bien sûr, le chômage grimpe. L’Allemagne et l’Espagne testent à nouveau le cap fatidique des 3 millions de chômeurs.

Le marché de l’emploi continue aussi de se dégrader à vitesse vv’ aux Etats-Unis, où le secteur privé a détruit 700 000 emplois en décembre. Partout, la soustraction s’allonge: -13 500 emplois chez Alcoa, -2 700 chez EMC, -2 500 chez Lenovo, -800 chez TDK, -1 900 chez Dell, -960 chez Macy’s, -1 200 chez Nissan…

Comme prévu aussi, les plans de relance font attendre leurs effets. Alors pour être sûr, on en remet une couche. En Allemagne, notamment. Et on prie toujours pour que le « Big One », concocté par le messie Obama, ait les vertus de ressusciter l’économie mondiale. Alors forcément, dans ce contexte toujours pourri, on est vite sur les dents. On s’impatiente. On s’énerve. Comme la Russie qui voit ses recettes budgétaires fondre comme neige au soleil pendant que l’impertinente Ukraine continue à jouer avec ses pieds.

Ce qui ne change pas non plus, c’est le comportement de certaines entreprises. Sept ans après Enron et le cortège de réformes qui devait soi disant moraliser les pratiques comptables des entreprises, les dérives sont toujours d’actualité. L’Inde vient de le découvrir à ses dépens.

Il y a quand même une chose qui a changé : nous ne sommes plus comme il y a quelques mois dans la salle de bal du Titanic où chacun continuait à faire comme si de rien n’était. L’homme de la rue n’est plus le naïf de service. Il a cessé de voir la finance comme une tour d’ivoire réservée aux initiés. La facture qui lui est présentée l’a complètement désinhibé et lui a ouvert les yeux sur une réalité crue.
La « crème » des stratégistes de Wall Street qui voit encore le prix des actions grimper de 18 % en 2009, ferait bien de s’en inspirer. Eux qui anticipaient une reprise boursière en 2008…

par
Serge Vandaele
Newsmanager

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