Nos entreprises sont vulnérables

Les communications de Belgacom espionnées.

L’espionnage des communications téléphoniques internationales de Belgacom soulève plusieurs questions. D’abord, en ce qui concerne les auteurs supposés du hacking. S’il s’agit bel et bien de la NSA, l’agence nationale de sécurité américaine, se pose évidemment la question de l’espionnage d’un État par les services secrets d’un autre État. Et cela, indépendamment du fait que la NSA est effectivement un service d’une rare efficacité, qui a déjà déjoué ou révélé de nombreuses menaces terroristes, comme ce fut le cas encore récemment avec un soupçon d’attaque contre les trains à grande vitesse en Europe.

Pouvons-nous réellement nous passer d’un tel "gendarme"? La réponse est non. Mais faut-il vraiment que cela se passe à l’insu des gouvernements espionnés? La réponse est tout aussi négative. Nous ne sommes pas chez les cow-boys, et la diplomatie est là, en principe, pour éviter que les partenaires de l’Otan ne soient victimes de ce genre de coups tordus.

L’autre question posée par le piratage des infrastructures de Belgacom est au moins aussi fondamentale. Comment se fait-il que les entreprises belges, et singulièrement les entreprises publiques, soient aussi vulnérables face à la sécurité informatique? Manifestement, la protection des systèmes et la gestion des risques informatiques ne font pas (suffisamment) partie de leurs priorités. Pas assez en tout cas pour faire remonter ces questions au plus haut niveau. Et pourtant, les entreprises qui gèrent les télécommunications, les transports ou les réseaux énergétiques figurent parmi les premières cibles de l’espionnage industriel - sans même parler du terrorisme.

La plupart des grands groupes privés consacrent désormais d’importants moyens humains et financiers aux questions d’intelligence économique. Dans les plus petites entreprises, en revanche, c’est toujours l’inconscience ou l’indifférence qui prédominent. Le coût de l’espionnage économique dans le monde, difficilement chiffrable et objet de nombreux fantasmes, se calcule pourtant en centaines de milliards de dollars par an. Il est plus que temps que le gouvernement prenne la mesure du problème et mette en place des mesures pour protéger nos entreprises.

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