Nul en maths, oui mais pourquoi?

Journaliste

53% de réussite au CE1D de mathématique... Qu'est-ce qui ne va pas chez nos jeunes, dans nos écoles?

Près de la moitié des jeunes francophones ont échoué lamentablement au test du CE1D (épreuve externe de 2e secondaire) en mathématiques. Côté français et sciences, les scores sont (un peu) meilleurs. Mais pas de quoi pavoiser dans les chaumières de Bruxelles et Wallonie. C’est même carrément inquiétant. Comme des parents devant le bulletin de leur progéniture, le premier réflexe est de laisser exploser le volcan de la colère. La grosse moitié (53% exactement) des élèves qui ont réussi leur CE1D décrochent à peine 50,6% de moyenne en maths.

Un scandale, direz-vous, surtout en sachant que notre système d’enseignement est loin d’être sous-financé. Il fait même partie des coqs en pâte de l’OCDE. Les dépenses publiques en enseignement atteignent 6,7% du PIB en Fédération Wallonie-Bruxelles. Dans les pays industrialisés, seuls trois pays dépensent davantage. Le Danemark, la Norvège et l’Islande. Tout ça… pour ça?

Les experts rivalisent d’imagination pour trouver LA méthode qui fera "aimer les maths" aux enfants. Avec quelle efficacité?

La bonne utilisation de l’argent public n’est évidemment pas le seul gage de réussite des jeunes. Avant tout, il faut changer les mentalités. Valoriser l’effort plutôt que laisser croire aux jeunes qu’ils échapperont au redoublement, même les bras croisés. Un redoublement qu’il faut l’éviter, oui. Mais pas systématiquement. Il doit rester comme une épée de Damoclès au-dessus des têtes blondes.

L’analyse des résultats de ce CE1D catastrophique pose aussi une autre question. Celle de la méthode. Dans le fondamental, les experts rivalisent d’imagination pour trouver LA méthode qui fera "aimer les maths" aux enfants. Avec quelle efficacité? Ces méthodes ne font-elles pas passer à la trappe les fondements des mathématiques au profit du côté ludique? La question, plus que jamais, se pose. Les maths, comme les sciences, sont des branches par essence cartésiennes. Il faut savoir accepter leur rigueur, et ce dès le plus jeune âge, au risque d’envoyer au casse-pipe des milliers de jeunes mal préparés. Plus que jamais, on espère que le pacte d’excellence aidera à redresser le cap. Il y a urgence…

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