On a souvent besoin d'un plus gros que soi

Il n’y a pas si longtemps, les grands penseurs de la planète profitaient de chaque réunion des grands organismes mondiaux, le FMI, la Banque Mondiale, voire la Banque centrale européenne pour s’interroger sur l’utilité de ces "machins", comme disait le général de Gaulle.

Mais la crise est arrivée et après les banques, ce sont souvent les Etats qui se sont trouvés dans la tourmente. Alors évidemment, on s’est tourné vers les institutions supranationales, qui sont par définition "au-dessus des Etats", en espérant qu’elles apportent des solutions aux problèmes touchant directement les Etats.

La crise de la dette souveraine a ainsi entraîné l’intervention de la BCE et du Fonds monétaire international. Et le week-end dernier, le FMI est à nouveau revenu sur le devant de la scène pour tenter d’enrayer la "guerre des changes". C’est-à-dire, l’envolée d’un certain nombre de devises, comme l’euro, le yen ou le franc suisse, pendant que le dollar perdait du terrain, à la grande satisfaction des exportateurs américains. Et aussi, surtout, le comportement de la devise dont tout le monde parle, le yuan chinois, que le gouvernement de Pékin maintient artificiellement basse, histoire de doper encore davantage des exportations chinoises qui n’ont pourtant pas vraiment pas besoin de cela.

Le FMI a donc décidé que son directeur général, le Français Dominique Strauss-Kahn, s’impliquerait personnellement dans la rédaction des rapports annuels sur l’économie de ses grands Etats membres. Soulignant que, dans le concert de l’économie mondialisée, il est normal que les institutions mondiales donnent de la voix.

La réaction du FMI était donc attendue dans le contexte tendu de ces derniers jours. Mais certains doutent déjà de son efficacité. Car si l’économie est mondialisée, les intérêts des uns et des autres demeurent intacts. Et entre des économies vieillissantes qui tentent de se défendre et des économies émergentes qui veulent se faire une place au soleil, trouver un compromis qui mette tout le monde d’accord semble relever de la quadrature du cercle. Même pour le FMI.

 

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