On a souvent cru toucher le fond avec Trump

©Debby Termonia

La première année de Donald Trump à la Maison-Blanche.

Lire les tweets postés par Donald Trump ces douze derniers mois est fastidieux et bien moins drôle qu’il n’y paraît. D’abord, il doit y en avoir environ 3.000. Les passer tous en revue file la migraine. Mais c’est également très révélateur d’une évolution dans ses propos et dans notre perception desdits propos. Il y a un an, il semblait ahurissant qu’un président menace d’envoyer la police fédérale mettre de l’ordre à Chicago si ses dirigeants ne mettaient pas fin au "carnage" (imaginaire) dans ses rues (c’était le 24 janvier 2017). Ou qu’il affirme que cela faisait trop longtemps que le Mexique profitait des Etats-Unis et qu’il fallait que cela change "MAINTENANT" (trois jours plus tard et en lettres capitales). Aujourd’hui, après avoir lu à rebours toutes les "proses" tweetées par Trump, on se dit qu’il ne s’agissait là que de piques politiques exprimées maladroitement, mais sans grandes conséquences. Depuis, il y a eu bien pire, en effet.

Et ce "pire", il a été décliné à toutes les sauces, dans toutes les situations. On pensait Trump mufle, raciste, pas du tout préparé à la fonction présidentielle, voire malhonnête, et cela s’est vérifié. Il est même parvenu à faire pire que les craintes des plus sceptiques qui ont souvent cru toucher le fond. Avant qu’une nouvelle polémique n’éclate.

Non, Trump n’allait pas excuser les néonazis et les suprémacistes blancs descendus dans les rues de Charlottesville. Et si, il l’a fait, qualifiant certains d’eux de "gens très bien". Virer le directeur du FBI, James Comey, sans raison valable alors qu’il enquêtait sur les soupçons de collusion entre sa campagne et Moscou? Impensable après le Watergate. Et pourtant…

Il y a un an, les sympathisants de Trump pouvaient encore exiger qu’on lui laisse le bénéfice du doute. Aujourd’hui, ce n’est plus possible.

Jouer avec le feu, Trump l’a également fait en dehors de ses frontières en défiant puérilement le président nord-coréen Kim Jong-un, pas connu pour étant le moins déséquilibré des dictateurs, ou en reconnaissant Jérusalem comme capitale d’Israël. Et même si les conséquences potentielles du retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris semblent bien moins immédiates, cette décision fut également un exemple d’irresponsabilité de la part d’un président au service de certains groupes d’intérêts, lui qui avait martelé qu’il ne serait à la botte de personne.

Le plus déprimant dans tout cela, c’est qu’à dénoncer les dérives de Trump, à ne rien laisser passer, on risque de renforcer l’impression qu’ont ses partisans qu’il est persécuté par une presse subjective, des rivaux jaloux, de dangereux gauchistes. Sauf qu’il y a un an, les sympathisants de Trump pouvaient encore exiger qu’on lui laisse le bénéfice du doute. Aujourd’hui, ce n’est plus possible.

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