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On arrête l'impro

©Debby Termonia

L'IPO de Belfius et l'épine Arco

Bon alors, on la fait cette IPO ou on ne la fait pas? Depuis des mois, la mise en Bourse (partielle) de Belfius est annoncée mais rien ne vient. Pourtant, la banque est prête. Un geste du gouvernement fédéral et le CEO Marc Raisière pousse sur le bouton "IPO". Il ne reste qu’un os: Arco.

Près de 800.000 coopérateurs, en grande majorité flamands, ont pris des parts dans le bras financier du Mouvement chrétien, grand actionnaire de Dexia, dont Belfius est l’héritière. Depuis la chute de Dexia, Arco est en liquidation et ces parts ne valent rien. Le gouvernement fédéral (le précédent puis l’actuel) s’est engagé sur une solution qui permette aux coopérateurs de récupérer une partie de leurs billes.

L’État doit dégager une solution imparable. Et Belfius assumer son lien avec Arco.

Depuis lors, le gouvernement a toutes les peines du monde à trouver la formule qui ne soit pas frappée de nullité pour cause d’aide d’État. Aujourd’hui encore, le Fédéral essaie de convaincre la Commission européenne de valider un plan à 600 millions d’euros.

Et si elle dit non, que fait-on? On échafaude un nouveau plan, alors que les échéances électorales (communales puis législatives) se rapprochent? Ou alors on enterre le dossier, en attendant une nouvelle fenêtre politiquement favorable?

Ce dossier mérite mieux que de l’impro. S’il veut mettre Belfius en Bourse, si c’est cela la vision, l’État doit dégager une solution imparable. Ce sont ses promesses qui minent le dossier, il doit les assumer. Placer Belfius sur les marchés sans avoir réglé le dossier Arco, c’est l’envoyer au casse-pipe.

Quant à Belfius, elle doit assumer son lien avec Arco. C’est dans ses agences que les parts Arco ont été vendues (et recommandées) pendant des années. Ces ventes lui ont fourni un capital qu’elle était bien contente de récolter. Et en plus, Belfius est aujourd’hui en capacité de sortir 400 millions d’euros si l’État le lui demande. La solvabilité de la maison le permet. L’argent n’est même pas le problème, il est là.

Alors, on arrête de tourner autour du pot. Et on agit.

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