On cherche une perle rare et pas chère pour bpost

Journaliste

Qui pour reprendre la direction de bpost? Un sacré défi pour les recruteurs, car les publics à satisfaire sont nombreux: l'État, la bourse, le personnel, les clients, l'opinion publique...

Le deuxième plus gros employeur de Belgique se cherche un CEO. Sur injonction de son principal actionnaire, l'État, le conseil d'administration de bpost a remercié Jean-Paul Van Avermaet 13 mois après son entrée en fonction. Parce que les résultats financiers sont mauvais, que la communication ne suit pas et que, dans le cadre de l'enquête de l'Autorité belge de concurrence sur des faits allégués chez son ancien employeur G4S, l'homme aurait manqué de transparence. Il a donc perdu la confiance de ses mandants.

Comme chez Proximus, le patron de bpost doit allier de nombreuses qualités, parfois à la limite de l'antinomie.

Le conseil de bpost devra faire vite pour lui dégotter un successeur, car l'entreprise a loupé son bilan 2020 alors que ses concurrents, le néerlandais PostNL en tête, ont progressé et qu'ils se pressent au balcon pour lui ravir des parts de marché. Et dire que si son prédécesseur, Koen Van Gerven, avait réussi son coup en 2016, le conseil devrait recruter aujourd'hui un nouveau patron pour l'ensemble fusionné bpost-PostNL: on entendrait déjà les sarcasmes lancés depuis La Haye vers la Belgique...

On n'en est pas là, heureusement - ou malheureusement - mais n'empêche qu'il faudra trouver un oiseau plutôt rare. Car, comme chez Proximus, le patron de bpost doit allier de nombreuses qualités, parfois à la limite de l'antinomie. Il lui faut contenter à la fois l'État actionnaire (et ses priorités, qui varient au gré des majorités), la bourse et les financiers, les clients, qui brassent très large (bpost reste de loin le premier opérateur de courrier et de colis en Belgique), son personnel et leurs représentants (25.000 emplois), sans oublier l'opinion publique, qui a tendance à considérer comme siennes les ex-entreprises publiques autonomes.

Il faut également parler au minimum trois langues, avoir les compétences de gestion, de stratégie et de direction classiques, maîtriser les arcanes de la Belgique institutionnelle et, si possible, avoir accumulé de l'expérience à la tête de gros ensembles. Last but not least, il faut accepter un salaire de CEO limité...

Ce profil serait le portrait robot parfait... de Koen Van Gerven, ou encore de Dominique Leroy. Las!, le premier a déjà donné, tandis que la seconde se trouve sans doute très bien chez Deutsche Telekom Europe. On verrait bien un troisième personnage dans ce moule: Pierre Winand, l'ancien patron de la filiale Radial, qui avait démissionné parce qu'il voulait revenir en Europe. Il gère aujourd'hui les finances d'une pharma britannique.

Il faudrait dénicher le clone d'un de ces trois-là pour guider bpost dans sa conversion en logisticien du commerce en ligne tout en le remettant sur les rails du profit opérationnel et social. Une gageure?

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