On ne déconfine pas à la petite semaine

Ce pays a besoin de calme et de clarté.

Imposer un confinement pour cause de pandémie, c’est une décision très lourde mais somme toute assez simple. On arrête tout, restez chez vous, blijf in uw kot, point barre. C’est clair, c’est carré.

Mener un déconfinement, en revanche, est une entreprise autrement plus compliquée. Allez donc trouver le bon rythme - ni trop rapide, ni trop lent - alors que la science découvre l’inconnu en direct et que le stress monte en flèche, qu’il soit psychologique, social ou économique.

Il n’y a pas de recette miracle et tous les gouvernements confrontés au coronavirus cherchent "la" méthode pour résoudre ce casse-tête chinois.

La Belgique aurait-elle opté pour une gestion à la petite semaine ? Au départ, l’intention était pourtant d’y aller avec ordre et méthode, à l’image de ce power point inaugural, vous vous souvenez : phase 1a, 1b, etc. C’est par la suite que cela s’est gâté.

Est-il bien nécessaire de rajouter du stress au stress en décidant à la dernière minute?

A l’approche de la fête des mères, on a vite autorisé la possibilité de recevoir chez soi quelques proches. A l’entame d’un beau week-end prolongé, on a vite autorisé le retour dans les secondes résidences.

Et puis cette semaine, dans la nuit de mercredi à jeudi, on a envoyé aux écoles une circulaire recommandant subitement l’ouverture de toutes les classes maternelles dès le 2 juin, des primaires six jours plus tard.

OK, il faut rester souple et agile mais tout ceci ressemble de plus en plus à de l’improvisation. Est-il bien nécessaire de rajouter du stress au stress en décidant à la dernière minute ?

Il est vrai que les Régions divergent. Il y a en Flandre une tendance à vouloir accélérer le tempo. On a déjà dit ici que la structure de notre Etat - un sac de nœuds - n’aidait pas et qu’il était grand temps de la revoir pour ne plus la subir. En attendant, il y a un déconfinement à réussir.

Pendant cette épidémie, la souplesse, la mobilisation, la créativité se sont manifestées partout. Dans les hôpitaux, les maisons de repos, les familles, les quartiers, les écoles, les entreprises, on a retroussé ses manches, on a repoussé les murs et on s’est adapté, tant bien que mal.

Après tous ces efforts, il serait fou que la confiance se perde maintenant, à l’heure du redémarrage et des bonnes nouvelles ! Ce pays aurait bien besoin de calme, d’une vue d’ensemble et de clarté. Sans quoi, la confiance finira par s’envoler.  

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