On vieillit mieux, mais pour combien de temps encore?

Deux tiers des plus de 65 ans se déclarent aujourd'hui en bonne santé, contre la moitié en 2002. Mais si l'espérance de vie continue de progresser, l'espérance de vie en bonne santé pourrait stagner.

Le vieillissement n'est pas nécessairement la menace, voire la calamité, que l'on nous présente habituellement. Les seniors vivent mieux qu'avant, tant matériellement qu'au niveau de leur santé.

Ils ont touché les dividendes des Trente glorieuses et bénéficient d'un certain confort de vie. Beaucoup ont fini de payer leur maison et peuvent profiter de leurs économies. La pauvreté, chez les seniors, a diminué de manière régulière et frappe aujourd'hui davantage les jeunes ménages, surtout en situation monoparentale.

Quant à l'état de santé des seniors, il s'est significativement amélioré au cours des vingt dernières années. C'est ce que montre l'étude réalisée par l'Institut pour un développement durable. Deux tiers des personnes de plus de 65 ans se déclarent aujourd'hui en bonne santé, contre la moitié seulement en 2002. Dans le même ordre, l'entrée en maison de repos s'opère de plus en plus tard, car les personnes parviennent à conserver plus longtemps leur indépendance. Comme quoi, vieillissement ne rime pas forcément avec déchéance et explosion des coûts des soins de santé.

Les jeunes générations ont été davantage exposées aux pesticides et autres substances toxiques que leurs aînés.

Là où il y a davantage lieu de s'inquiéter, c'est au niveau des pensions. Celles-ci représentent, de loin, le premier poste de dépenses de la sécurité sociale, avec 48 milliards d'euros en 2019. Chaque année, il faut y ajouter 2 milliards d'euros. D'ici la fin de la législature, en 2024, on sera à 60 milliards d'euros. Ceci étant, on peut difficilement blâmer les gens parce qu'ils vivent vieux. C'est au contraire le résultat de l'élévation constante de la qualité de vie.

Mais qu'en sera-t-il de la génération suivante, celle qui a suivi le baby-boom? D'après l'étude de l'IDD, l'impression d'être en bonne santé s'est tassée chez les moins de 65 ans ces vingt dernières années. Les maladies de longue durée sont plus nombreuses qu'auparavant. Elles sont surtout liées à des difficultés psychologiques: stress induit par la pression au travail, insécurité de l'emploi, interconnectivité permanente, difficulté de combiner travail et vie de famille.

Au niveau de la santé physique, les jeunes générations ont été davantage exposées aux pesticides et autres substances toxiques dont on ne mesure pas encore tous les effets sur le long terme. Aux États-Unis, on observe depuis quelques années déjà que, si l'espérance de vie continue de progresser, l'espérance de vie en bonne santé, elle, régresse. Vivre vieux est une chose, bien vieillir en est une autre.

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