Où commence la triche?

Où commence la triche sur les tests automobiles?

Peut-être sa course à la taille l’y a-t-elle poussé, Volkswagen n’en a pas moins fauté. Mettre un logiciel qui active certaines fonctions seulement pendant les tests constitue une étape de trop, c’est certain. Pas d’amalgame, crie-t-on à tout va chez les autres constructeurs. Trop facile, répondra l’observateur attentif. Car en matière de tests automobiles, l’ingéniosité a toujours été la norme. Tout le monde le sait, les tests de consommation et d’émissions sont bien loin de la réalité. Pneus surgonflés ou moteur bien graissé ne sont que quelques-unes des "astuces" que le secteur utilise pour booster les résultats. Et cela dure depuis si longtemps, que ce type d’écart est devenu normal, sans qu’aucun gouvernement européen n’y trouve vraiment à redire.

La voie la plus logique à suivre voudrait que l’on teste les véhicules via un vrai organe indépendant européen.

Le problème est peut-être moins chez les constructeurs qui ne font que jouer avec les limites que chez les régulateurs qui n’ont jamais vraiment serré la vis. Le régulateur européen répond que la nouvelle législation arrive et que des tests en conditions réelles seront mis sur pied. Il était temps, car les procédures de test datent de 1973, tout se fait en laboratoire et aucun test n’est réalisé pendant le cycle de vie des véhicules.

C’est ce dernier point qui pose le plus de questions. Dire que des tests réalisés en début de vie des véhicules suffisent est difficilement défendable. Si l’on entend vraiment s’attaquer à la pollution du parc automobile dans son ensemble, il faudra réaliser ce type de test d’une manière ou d’une autre.

Mais les régulateurs sont souvent coincés entre des intérêts contradictoires: ceux de leur industrie et ceux des objectifs climatiques et environnementaux ambitieux, surtout que l’homologation est une compétence des Etats-membres, rendant le preneur de décision plus sujet à l’influence de ses constructeurs nationaux. La voie la plus logique à suivre voudrait que l’on refonde profondément la manière dont on teste les véhicules via un vrai organe indépendant européen. Reste à voir si l’affaire VW suscitera suffisamment de volonté politique pour changer un système érigé en institution.

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