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Où va la Fed?

©Nima Ferdowsi

Jusqu’au bout de la logique. Des taux toujours plus bas qui flottent désormais entre 0 et 0,25 %. Pour la 10e fois consécutive depuis l’été 2007 la Fed a coupé dans son taux directeur. Le geste a surpris par son ampleur. Mais aussi impressionnant soit-il son impact risque d’être limité.

Bruxelles (L'Echo) - Jusqu’au bout de la logique. Des taux toujours plus bas qui flottent désormais entre 0 et 0,25 %. Pour la 10e fois consécutive depuis l’été 2007 la Fed a coupé dans son taux directeur. Le geste a surpris par son ampleur. Mais aussi impressionnant soit-il son impact risque d’être limité.
En terme réel, c’est-à-dire corrigé de l’inflation, le principal taux directeur américain est déjà négatif. Le ramener entre 0 et 0,25 % ne sert donc plus à grand-chose, si ce n’est, encore et toujours, tenter de rassurer.

L’essentiel est sans doute ailleurs. Après avoir tiré ses dernières cartouches en matière de politique monétaire, que peut encore la Fed pour soulager un secteur financier qui n’en finit plus de panser ses plaies ?
Depuis le début de la crise financière, la banque centrale américaine a déjà sensiblement élargi les outils à sa disposition pour fournir la liquidité. Dans un premier temps, elle a uniquement modifié la façon de fournir la liquidité en « stérilisant » ses nouveaux programmes par des ventes de titres détenus à son bilan. Depuis la faillite de Lehman, les choses ont changé.

Aujourd’hui, pour mener à bien sa croisade, la Fed est amenée à augmenter la masse monétaire. Pour lutter contre la crise, elle a déjà procédé à des injections de liquidités massives en élargissant la gamme de collatéraux acceptés aux opérations de refinancement, elle s’est impliquée dans le sauvetage de Bear Stearns et d’AIG.

Depuis la fin de l’été, elle a également apporté son soutien au marché du papier commercial, donné sa garantie aux fonds monétaires et se dit prête à racheter des montagnes de dettes d’agences hypothécaires et de titres adossés à des crédits immobiliers. On en passe et des meilleures. Jusqu’à vouloir émettre de la dette, en parallèle du Trésor US. Besoin du décodeur ?

Du TARP (troubled assets reflief program), aussi appelé Plan Paulson, au ZIRP (zero interest rate policy) en passant par des actions ciblées sur tous les acronymes des dérivés de crédit, CDO et autres ABS, la Fed s’enfonce en terre inconnue. Il ne faudrait pas qu’elle s’y perde.
Les nouveaux instruments mis en place par la Fed ont en effet déjà lourdement grevé son bilan (de 940 milliards de dollars à 2,2 trillions). Et si on se résume, voila une banque publique, extrêmement endettée, qui exerce des activités proches de celles d’une banque commerciale, voire d’une structure de défaisance, qui n’hésite plus à racheter des dettes émises par… l’Etat fédéral, le tout dans un contexte de taux quasi nuls. Attention, on a déjà vu d’autres systèmes pyramidaux s’effondrer…

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