Pagaille sur le rail belge

Dialogue social en panne à la SNCB.

Déjà pénalisés par les grèves tournantes interprofessionnelles qui bloquent diverses provinces du pays tous les lundis depuis le 24 novembre, les usagers de la SNCB devront, ce jeudi, faire face à une action décrétée par une partie du personnel des cheminots. A l’appel du Syndicat autonome des conducteurs de trains (SACT), un conducteur sur trois devrait se croiser les bras dès ce jeudi jusqu’à vendredi à l’aube. Le syndicat a donc maintenu son préavis de grève dans la mesure où il n’a pas obtenu gain de cause pour ses revendications. Il souhaite une harmonisation des primes et une adaptation (à la hausse) du système barémique des salaires. En gros, le SACT souhaite une augmentation des salaires des conducteurs de trains.

Il serait malvenu que la SNCB ouvre les cordons de la bourse pour les conducteurs de trains à l’heure où elle doit faire des économies.

Le moment choisi par le SACT pour poser ses exigences et organiser son action est inopportun à plusieurs égards. En effet, la SNCB est aujourd’hui invitée à faire de sérieuses économies en raison des conditions budgétaires difficiles, il serait donc malvenu que le groupe ferroviaire se mette à ouvrir les cordons de la bourse, comme si de rien n’était. De plus, le SACT vient augmenter les exigences des cheminots qui joignent leur voix à celle des travailleurs pour dénoncer plusieurs mesures du gouvernement fédéral (saut d’index, allongement de l’âge de la retraite à 67 ans, etc.). Par ailleurs, par son attitude, il donne l’impression de faire peu de cas des désagréments que subissent déjà les usagers de la SNCB du fait des grèves tournantes et du mouvement d’action national annoncé pour le 15 décembre. Sans oublier le préavis de grève illimitée déjà annoncé par la CGSP pour après la mi-décembre.

La situation sur le rail est aujourd’hui telle que les navetteurs ne savent plus à quel train se vouer. Ils risquent de se détourner encore davantage de ce moyen de transport qui, pourtant, est un acteur important de l’offre de mobilité. Il contribue aussi à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à décongestionner nos routes. Le rail belge a de sérieux défis à relever pour séduire les navetteurs (ponctualité, sécurité, propreté, régularité) et assurer sa survie dans un secteur qui devient en plus concurrentiel. Il est plus que temps de s’y atteler.

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