Pas de temps à perdre

Qu’adviendra-t-il des réformes en chantier?

Le tsunami politique qui vient de toucher la Belgique francophone va-t-il avoir des répercussions sur l’économie? Telle est la question légitime que se posent les acteurs économiques du sud du pays. Que va-t-il advenir de la réforme fiscale wallonne? De la réforme des aides à l’emploi? Du soutien aux PME? De la simplification administrative? De la refonte des allocations familiales? Ou encore du Pacte d’excellence, censé extraire l’école francophone des tréfonds du classement Pisa où elle se trouve, en dépit d’un financement public parmi les plus généreux de l’OCDE?

La Wallonie ne peut se permettre le luxe d’une crise politique paralysante.

Autant de chantiers cruciaux dont dépendent les chances de réussite du fameux "redéploiement économique de la Wallonie", une formule qu’on nous sert depuis trente ans mais dont on peine à voir la concrétisation. L’écart avec la Flandre ne se résorbe pas, au contraire. En 2003, le PIB par habitant en Wallonie était à 89% de la moyenne européenne. Il est aujourd’hui à 86%. La responsabilité de cet échec incombe en premier lieu à un Parti socialiste qui, au nom de la défense des droits acquis, s’est muré dans un conservatisme inouï. Dernière illustration en date avec le vaudeville autour du traité commercial avec le Canada (Ceta).

Mais pour se redéployer, la Wallonie n’a pas seulement besoin de réformes structurelles. Elle a aussi besoin d’un coup de pouce de la conjoncture économique, pour mettre de nouvelles PME sur orbite et créer de l’emploi. Or depuis quelques trimestres déjà, tous les voyants dans la zone euro sont au vert. Les indicateurs de confiance sont au plus haut depuis 2011, la croissance européenne est supérieure à celle des Etats-Unis, les entreprises recommencent à investir et elles engagent.

Le Bureau du plan l’a confirmé hier: 262.000 nouveaux emplois verront le jour d’ici 2022. La bonne tenue du marché du travail est confirmée par le nombre de places vacantes dans les entreprises. Depuis au moins un an déjà, Eurostat ne cesse de le répéter: la Belgique affiche le plus haut taux d’emplois à pourvoir de l’Union européenne, soit 2,9 places vacantes pour 100 emplois. Il y a des emplois à prendre et les entreprises ne trouvent plus de personnel qualifié.

Il serait regrettable que la Wallonie ne puisse tirer profit de ce climat économique prometteur en raison d’une crise politique paralysante. C’est un luxe qu’elle ne peut raisonnablement se permettre. Sur les partis politiques qui vont devoir négocier la mise sur pied des nouveaux exécutifs régionaux et communautaires repose une responsabilité énorme.

Lire également

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés