Passer de la parole aux lois sur la taxe des véhicules

Taxer les voitures polluantes? Il est temps que les Régions embrayent.

La Wallonie et la Région bruxelloise promettent qu’elles vont taxer les voitures en fonction de leur pollution. On a envie de dire: enfin! Taxer les véhicules sur la base de leur puissance est d’un anachronisme consternant. Alors que les scientifiques de la planète entière ont depuis longtemps tiré la sonnette d’alarme, les Régions vont se réveiller. Le critère premier dans la taxe des voitures doit être la pollution des véhicules, qu’elle soit faite de CO2 ou de particules fines. Taxer l’usage de façon intelligente, comme le veut Bruxelles, n’est certainement pas une mauvaise idée.

Quitte à aider les gens qui n’ont pas les moyens de faire autrement. Cela fait des années que la Flandre a décidé d’utiliser le CO2 des voitures dans son calcul des taxes. En Wallonie, il y a bien un écomalus qui punit les véhicules les plus polluants avec une taxe supplémentaire, mais mis à part cela, rien. Ce n’est pas faute d’avoir entendu que l’on allait changer la donne. Mais comme sœur Anne, nous n’avons rien vu venir.

Taxer les voitures en fonction de leur puissance et non de leur pollution est d’un anachronisme consternant.

Le timing semble aujourd’hui parfait. Les ministres bruxellois et wallons sont des écologistes. Les accords des gouvernements des deux Régions ont acté l’urgence climatique. Il n’y a plus d’échappatoire. On veut bien entendre qu’élaborer une refonte des taxes automobiles prend du temps, mais il faudrait néanmoins aller vite. Car on a déjà assez entendu et attendu que l’on allait tout changer.

Taxer les véhicules en fonction de leur niveau de pollution amorce un cercle vertueux. Cela encourage à rouler avec des véhicules qui ont des tailles adéquates en fonction de notre utilisation. Cela récompense les constructeurs qui font le plus d’efforts en la matière. Ce type de taxes appuie la transition vers des motorisations alternatives, une direction qu’a décidé de prendre l’Europe dans son ensemble. Le Fédéral l’a compris depuis longtemps en ce qui concerne les voitures de société. Il est temps que les Régions embrayent. En Wallonie, on espère que ce changement arrivera en première partie de législature. On espère qu’en coulisses, les différents partis ne vont pas faire traîner les choses.

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