Péage urbain, pari risqué ?

Faut-il instaurer un péage urbain autour de Bruxelles ? C'est une question récurrente qui apparemment n'est toujours pas tranchée.

Un consensus semble pourtant se dégager en faveur d'une vignette autoroutière en Belgique, un système qui a évidemment le mérite de faire entrer de l'argent dans les caisses de l'Etat sans nécessiter la construction d'infrastructures coûteuses, comme c'est le cas pour les péages.

Mais la généralisation d'une vignette autoroutière ne résoudrait en rien le problème numéro un de Bruxelles, à savoir son engorgement, matin et soir, voire à longueur de journée sur certains axes. Un engorgement qui fait de la capitale de l’Europe l'une des villes les plus embouteillées... du monde.

On connaît les causes majeures de ce trafic intense : l'afflux de navetteurs, de nombreux bureaux au centre-ville et surtout, une offre de transports en commun qui n'est pas à la hauteur des deux paramètres précédents.

D'où l’idée de mettre en place un péage urbain imposé à tous les automobilistes, y compris les Bruxellois. La réflexion est entamée, en tout cas. La semaine dernière, on a ainsi appris que des bureaux d'études planchaient notamment sur le montant et sur l'usage du prélèvement qui serait demandé aux automobilistes.

L'argent récolté, selon l'étude, serait exclusivement affecté à l'amélioration des transports en commun. Quant au montant de la taxe, les chercheurs ont calculé qu'avec un prélèvement de 3 euros par jour, la circulation routière à Bruxelles pourrait diminuer de 11 %, un recul qui viendrait essentiellement des navetteurs en provenance de Flandre.

Ce que l'étude ne dit pas, c'est quelles sont les intentions de ces 11 % d'automobilistes prêts à renoncer à leur voiture. Prendre le train, venir à vélo, covoiturer ou... ne plus venir à Bruxelles, tout simplement ? Car pour justifier le bien-fondé d'un péage urbain, les défenseurs du système évoquent toujours l'exemple de Londres, où en effet, le système s'est révélé efficace.

Mais restons modestes, Bruxelles n'est pas Londres. La Belgique comporte tellement de forces centrifuges qu'il n'est peut-être pas prudent de tenter le diable en mettant la charrue avant les bœufs, c'est-à-dire le péage avant, par exemple, un métro plus étendu ou un RER digne de ce nom.

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