Petit ou gros déposant?

Sous ses dehors de cheval fou, Jeroen Dijsselbloem a finalement réussi son coup. En mars dernier, le successeur de Jean-Claude Juncker à la tête de l’Eurogroupe avait créé une sorte de séisme européen lors du sauvetage de Chypre avec une taxation, dans un premier temps, des dépôts de moins de 100.000 euros.

Stupéfaction générale alors que l’on pensait que ces dépôts étaient intouchables, même en cas de faillite. Finalement, l’Europe est revenue sur sa décision et seuls les gros déposants ont été priés de passer à la caisse. Par la suite, les déclarations ont été unanimes pour "sanctuariser" la garantie des dépôts de moins de 100.000 euros: plus question de toucher aux "petits" déposants.

Mais le mal était fait. Primo, Dijsselbleom a fragilisé la confiance de certains petits épargnants qui se demandent si cette garantie de 100.000 euros n’est pas très virtuelle.

Secundo, la logique depuis l’épisode chypriote est assez claire. Le contribuable ne doit plus systématiquement payer pour les erreurs commises par les banquiers. Si une faillite intervient, les premiers touchés seront les actionnaires, et puis, dans l’ordre, les créanciers juniors (les moins protégés avec leurs obligations subordonnées), les créanciers seniors et ensuite les déposants non garantis (au-delà de 100.000 euros). C’est ce qu’ont confirmé les ministres des Finances dans la nuit de mercredi à jeudi. Tout en précisant que parmi ces déposants au-delà de 100.000 euros, les particuliers et les PME auraient un statut privilégié par rapport aux grandes entreprises.

Même si ces mesures n’entrent en vigueur que d’ici 2018, les gros déposants et les détenteurs d’obligations bancaires sont avertis: il est temps de bien regarder dans quelle banque ils ont intérêt à placer leur argent. Plus question de se laisser bercer par des taux trop alléchants si une banque n’affiche pas des ratios très solides de solvabilité. Conclusion logique: les banques européennes les moins solides ont du souci à se faire. Elles risquent d’être délaissées en matière de financement. Ou de devoir payer très cher leurs déposants. Ce qui ne ferait que renforcer leur fragilité. Un cercle vicieux…

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés