Pick your battles

Les leçons de la succes-story argenx

8 milliards. On s’habituerait presque à citer les montants à dix chiffres, tant les success-stories s’enchaînent. Il y a eu Galapagos, Ablynx. Il y a désormais argenx. La biotech gantoise a mis mardi un pied dans la cour des géants, en publiant les résultats de son essai clinique de phase 3 visant le traitement de la myasthénie grave, une maladie auto-immune rare qui a pour conséquence une faiblesse musculaire. Hier, son cours s’est envolé en bourse de 26,8%.

D’aucuns diront que ceci n’est encore qu’un départ. Qu’il faudra produire et commercialiser à grande échelle pour que le succès s’avère réel et tangible. Les chiffres restent ceux qui sont : argenx et son potentiel pèsent aujourd’hui 8 milliards d’euros. Ils en font la 8e plus grosse capitalisation du Bel 20. C’est plus que Solvay (7,2 milliards), plus que Colruyt (7,2), plus que Proximus (6,5).

La réussite d'argenx nous rappelle l'importance de faire des choix, politiques et industriels. De miser sur l'avenir. Elle résonne à l'heure de la relance

Ce que nous dit l’histoire d’argenx dans les eaux troubles de l’économie actuelle, c’est finalement le refrain qu’on ressort à chacun des succès du secteur : la réussite de nos biotechs est le fruit d’une stratégie concertée et du choix conscient – un choix politique et industriel – de miser à long terme sur un écosystème considéré comme à très haut potentiel.

Un choix visionnaire

Qui mettra en doute, en 2020, l’importance du secteur de la santé ? Un choix payant. Mais un choix qui s’est aussi fait au détriment d’autres possibles.

C’est parce que la Flandre, puis la Wallonie, ont décidé à un moment donné d’investir massivement leurs forces dans la biotechnologie, délaissant donc par choix d’autres pans d’activités alors considérés comme dépassés, que la Belgique compte aujourd’hui quelque 200 entreprises actives dans ce secteur. Quelque 200 entreprises qui travaillent à des médicaments révolutionnaires, des méthodes de diagnostic simples, des équipements médicaux capables d’améliorer notre état de santé. Quelque 200 entreprises qui ne rêvent que d’une chose : être LA prochaine belle histoire.

"Pick your battles". Ce refrain résonne encore plus fort à l’heure d’organiser la relance. Personne n’est responsable de la crise qui nous a frappés en plein cœur. Son ampleur nécessitera néanmoins des choix. Elle demandera de regarder vers l’avenir, de miser sur ses promesses. Avec une vision à long terme, malgré les maux du lendemain.

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