Place aux hommes d'État

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Après le "Non" des Grecs

Ochi. Non. Absurde, risqué et populiste, le coup de poker d’Alexis Tsipras conforte le gouvernement grec dans sa résistance aux mesures d’austérité. Alors qu’en janvier déjà, les urnes avaient délivré ce message, portant Syriza et son partenaire de circonstance, le parti des "Grecs Indépendants", au pouvoir. Une confirmation donc. Qui aura coûté sept jours dans un agenda où les heures sont comptées…

Politiquement, reconnaissons toutefois que le Premier ministre grec a réussi un coup de maître: voici les tenants de l’austérité, Allemagne en tête, placés devant le mur "démocratique" de la détresse humaine, du malheur de l’une des nations fondatrices de la civilisation occidentale. Riche de cette victoire symbolique, Alexis Tsipras demeure toutefois pauvre en solutions crédibles aux yeux de ses partenaires européens. Retour à la case départ donc. Car, hormis sa dimension tragique exacerbée, l’équation demeure inchangée: la Grèce est confrontée à une dette insurmontable et ses créanciers exigent un plan de mesures empreint d’austérité.

Politiquement, Tsipras a réussi un coup de maître

L’Europe a besoin d’hommes d’État. Des hommes et des femmes capables de raisonner au-delà de leur prochain rendez-vous électoral. Capables, en Grèce, d’implémenter un système fiscal digne de ce nom, fondement d’une nation moderne, de mettre un terme à des privilèges moyenâgeux tels que ceux accordés à l’Église orthodoxe   pour ne citer que l’essentiel et l’emblématique. Capables, pour ce qui est de l’Europe, après cinq ans de perfusions inefficaces, de parier sur une renaissance hellène en effaçant une part substantielle  la moitié voire les deux tiers  de la dette d’Athènes. Car, comme l’écrivait Aristote dans sa "Poétique", "La richesse consiste bien plus dans l’usage qu’on en fait que dans la possession"…

L’alternative reste aujourd’hui limpide. Soit trouver une voie durable pour relancer la Grèce sans couteau sur la gorge. Soit poursuivre sur ce chemin fait d’emplâtres successifs avec le risque au mieux de renouveler les cinq dernières années, au pire de plonger dans l’inconnue d’une sortie de la Grèce de l’euro, peut-être de l’Union européenne. Avec, dans ce scénario, au-dessus de la tête de l’ensemble des Européens, cette épée de Damoclès que résume la sentence successivement attribuée à Otto von Bismarck et à Winston Churchill: "Les Balkans créent plus d’histoire qu’ils n’en peuvent consommer"…

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