Point de salut sans l’Etat ?

©Nima Ferdowsi

Qu’on le veuille ou non, le processus de « socialisation des pertes bancaires » est déjà à l’œuvre.

(l'écho) - Profit warning de Credit Suisse, nouvelles pertes d’IKB, rumeurs de dépréciations massives chez Bank of America… les jours se suivent et se ressemblent. Et malgré les multiples interventions de la Fed, les faillites ou quasi-faillites se multiplient et le dollar poursuit sa glissade.

Au point que le spectre de la dépression a brutalement ressurgi. Et comme à chaque fois que la finance mondiale se retrouve au fond du trou, les regards implorants se tournent vers les pouvoirs publics.

«La collectivité » sera amenée à « prendre en charge » le coût de la lutte contre une faillite du système bancaire, a déjà prévenu le FMI. « Les autorités doivent être prêtes à faire ce qui est nécessaire » pour éviter un effondrement du système financier planétaire, a renchéri l’OCDE.

Hier, c’est le Japon qui a enjoint les Etats-Unis à utiliser l’argent public pour venir en aide à leurs banques en détresse et calmer ainsi la crise financière mondiale. Pour l’heure, l’administration Bush reste opposée à toute forme de sauvetage fédéral des banques, même si certains membres du Congrès plaident également en ce sens.

Mais qu’on le veuille ou non, le processus de « socialisation des pertes bancaires » est déjà à l’œuvre. La Grande-Bretagne a nationalisé Northern Rock.

En Allemagne, la banque IKB a déjà bénéficié trois fois d’une aide massive de l’Etat. Et que dire de l’exemple ambigu de Bear Stearns? Concrètement, on pourrait imaginer aller plus loin en nationalisant d’autres banques ou rehausseurs de crédit.

Ou en créant un fonds public qui reprendrait à son actif les titres problématiques dont les pertes seraient garanties par le ou les Etats.

Evidemment, recourir à l’argent public pour empêcher la faillite de banques dont les gestionnaires ont pris des risques inconsidérés présente le risque d’encourager la poursuite de tels comportements. En pratique, quelle que soit la formule, c’est le contribuable qui supportera la facture induite par les dérives des gros bras de la finance.

Pas le choix: le coût social et économique d’une faillite bancaire qui en entraînerait d’autres dans son sillage serait de toute façon bien plus important. Et s’interdire de chercher des solutions exceptionnelles conduirait à laisser la crise s’aggraver.

Car derrière ces S.O.S adressés à la puissance publique, une chose apparaît de plus en plus évidente : le système tel qu’il est bâti ne pourra pas seul s’en tirer.

par
Serge Vandaele
Newsmanager

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