Politique de bac à sable

Benoît Mathieu

150 milliards pour le pacte d’investissement

Commençons par l’essentiel. Même si seules les grandes lignes sont tracées, qu’il faut encore les dénicher, ces 150 milliards (!), et que le rapport remis ce mardi par le comité stratégique ressemble encore à s’y méprendre à un catalogue de bonnes intentions, le Pacte national pour les investissements stratégiques a l’immense mérite d’exister. La Belgique a coupablement sous-investi dans ses infrastructures durant plus de trente ans sans que cela ne défrise réellement le moindre gouvernement. Charles Michel a identifié le problème – certes poussé dans le dos par le bruit du béton qui se fissure – et marqué la volonté de relancer la machine le plus rapidement possible.

Alors, bien sûr, on peut y trouver à redire. Sur la composition des groupes de travail et de pilotage, où syndicats et PME, notamment, brillent par leur absence. Sans doute auraient-ils pu apporter un éclairage intéressant; et puis, les inclure aurait eu du sens, puisqu’il est question de rassembler les forces vives de la Belgique afin de faire atterrir ce pacte.

Une réaction puérile qui montre que le PS n’est pas prêt à faire passer des enjeux cruciaux au-dessus de son ressentiment.

Bien sûr encore, la campagne électorale bat son plein, et l’on ne pourrait affirmer que l’opération ne relève pas, en partie, d’un joli coup de communication, signé Charles Michel.

Bien sûr enfin, certains objectifs affichés par le pacte se dotent d’une saveur toute particulière si on les inspecte à la lumière de la politique menée concrètement sur le terrain par le gouvernement Michel. Investir de 22 à 27 milliards d’euros dans la mobilité? Riche idée! Mais fallait-il vraiment débarquer avec ses gros souliers en début de législature, et amputer de 2,2 milliards la dotation de la SNCB?

On peut donc aisément comprendre que les critiques fusent. Ce qui passe moins, par contre, c’est le boycott symbolique, par les deux ministres-présidents socialistes, Rudy Demotte et Rudi Vervoort, de la remise, par le comité stratégique, de son rapport final. Au Premier ministre, mais également aux ministres-présidents. Une réaction puérile qui montre que le PS n’est pas encore prêt à faire passer des enjeux cruciaux pour le pays au-dessus de son ressentiment envers le MR. Dommage.

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