Pour gagner, il faut se battre

Quel siège pour le Parlement européen?

Le grand écart que fait le Parlement européen depuis un quart de siècle n’est plus tenable. Les députés travaillent le plus clair de l’année dans leurs bureaux de Bruxelles, et doivent se plier chaque mois à une transhumance chronophage, dispendieuse et polluante vers Strasbourg. Car c’est là que doit se tenir leur séance plénière. Pour économiser 150 millions d’euros d’argent public par an, pour éviter 900 tonnes d’émissions de CO2 inutiles, il faut rapatrier le Parlement en un siège unique.

Qui de Strasbourg ou Bruxelles doit remporter la mise? Pour nous, Belges, la réponse ne fait pas un pli. C’est notre capitale: là où sont déjà le gros des infrastructures du Parlement, là où se trouvent la Commission et le Conseil de l’Union. Voyons, faut-il vraiment poser la question?

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Le statu quo chronophage, dispendieux, polluant arrange les Belges. Mais il risque de ne plus tenir longtemps.

Oui. Les Belges auraient tort de se convaincre trop vite que Strasbourg ne fait pas le poids. Beaucoup d’eurodéputés plaident pour un siège unique quel qu’il soit. Et si Bruxelles a bien des atouts, elle est un poids plume sur le terrain symbolique. Strasbourg est la capitale de la réconciliation franco-allemande, qui a fertilisé l’Union. Et ce symbole a été rappelé par l’extraordinaire cérémonie funéraire du chancelier Kohl, samedi dernier: un cercueil allemand au cœur de l’hémicycle, escorté par des soldats de la Bundeswehr. "Cette belle ville de Strasbourg, pour lui LA capitale de l’Europe…", soulignera le président de la Commission, dans son éloge. "LA", en majuscules dans le texte officiel. Et alors que la supériorité architecturale du Parlement de Strasbourg n’est pas contestable, on s’interroge à Bruxelles sur la nécessité de démolir le "Caprice des Dieux" – un cauchemar symbolique.

Depuis trente ans, le statu quo – chronophage, dispendieux, polluant – arrange Bruxellois et Strasbourgeois. Rien ne bouge parce qu’il faut pour en sortir l’accord unanime des États membres, or les pays hôtes campent sur des considérations qui ne sont pas à la hauteur de l’intérêt général des Européens. Mais ce statu quo ne durera pas. Et la Belgique ne doit pas s’attendre à gagner la "guerre du siège" sans lever le petit doigt.

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