Pour l'honneur des Congolais

Tshisekedi vainqueur d’un scrutin contesté

La République démocratique du Congo retient son souffle. Pour la première fois depuis son histoire, elle vit une transition démocratique au lieu d’une prise du pouvoir par la force des armes et le sang de la répression. Corseté par des dictatures au service de leurs intérêts égoïstes et de puissances étrangères, le Congo meurt depuis sa naissance sur un tas de richesses minérales. Ses habitants vivent avec un salaire moyen d’un à deux euros par jour, certains sont soumis à des massacres quotidiens. Cette transition fait sentir aux Congolais l’espoir de jours meilleurs, promis par un suffrage où ils ont eu leur mot à dire et la promesse de décisions servant enfin leurs intérêts.

Il sort des urnes de la présidentielle congolaise comme une odeur de soufre. Mais si les résultats ont été truqués, il faut le prouver.

Joseph Kabila peut s’en aller avec les honneurs. Il a organisé le scrutin, tenu sa promesse jusqu’au bout. Des résultats ont été publiés. Une première. Le nouveau président, Félix Tshisekedi, est issu de l’opposition. Magnifique. Un vent de renouveau souffle sur le Congo, serait-on tenté d’espérer.

Oui, mais. Le résultat est contesté par Martin Fayulu, le candidat favori, un homme d’affaires étranger aux lobbys. L’Église, un des principaux observateurs, affirme qu’elle détient d’autres données que celle des autorités. Dans les chancelleries européennes, les dents grincent.

Le report des élections depuis 2016. La diffusion des résultats lors d’une soirée hallucinante. Le faux diplôme de Tshisekedi. Il sort des urnes de cette présidentielle une odeur de soufre. Félix Tshisekedi a-t-il bénéficié d’un "arrangement" des résultats en sa faveur, entre le jour du scrutin et sa proclamation? L’avenir de la RDC est désormais entre les mains de l’Église, de la Cour constitutionnelle si elle est saisie et des pays voisins, les seuls à pouvoir faire pression en cas de fraude avérée.

Si les résultats ont été truqués, encore faut-il le prouver, sinon mieux vaut se taire. Toute manipulation a vocation à être découverte, mais pour démonter la mise en scène il faut des preuves. L’histoire d’un pays s’écrit avec des certitudes, de vraies élections, et non à coups de rumeurs ou d’urnes bourrées. Pour l’honneur du peuple congolais.

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