Pour la relance, des réformes structurelles restent nécessaires

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La nouvelle version du plan de relance belge est intéressante. Mais elle comporte toujours son lot de faiblesses.

La Belgique finalise une nouvelle version de son plan de relance. Par rapport à l’épure initiale, quelques projets sont passés à la trappe, d’autres ont vu leur budget raboté. Au total, ce sont 5,9 milliards d’euros qui vont être injectés dans notre économie.

Qu’en penser? D’abord, recadrons. Primo, la relance ne sera véritablement possible qu’en sortant de la crise sanitaire. Pour y arriver, une vaccination accélérée et efficace reste notre meilleur argument. Secundo, notre plan a beau être important, il n’est qu’une goutte d’eau dans les 750 milliards d’euros dépensés au niveau européen, qui eux-mêmes font pâle figure à côté des 3.300 milliards d’euros de relance et d’investissements prévus par Joe Biden aux États-Unis. Pour une petite économie ouverte comme la nôtre, les décisions prises à Paris, Berlin ou Washington auront donc autant d’impact, voire davantage, que celles prises par nos gouvernants.

Nonobstant ces deux sérieux bémols, notre plan de relance a des mérites indéniables et peut effectivement donner un coup de boost, à terme, à notre croissance. Il vise juste en misant sur certains thèmes décisifs pour l’avenir, comme la transition climatique, le digital ou la formation par exemple. Beaucoup de projets sont intéressants et utiles.

Un plan de relance ne doit pas être seulement un plan de dépenses.

Pour autant, il présente aussi quelques faiblesses. C’est déjà certes un petit exploit de faire collaborer les différentes couches institutionnelles de notre pays. Mais il ne s’agit tout de même que d’une addition de projets spécifiques à chaque entité et pas un plan véritablement "national" et intégré. Ensuite, il n’évite pas toujours le "saupoudrage" en voulant donner un petit peu à chacun pour contenter tout le monde. C’est particulièrement vrai pour les parties wallonne et bruxelloise du plan. On aurait aimé un peu plus de sélectivité, en misant sur des projets plus structurants, avec davantage d’impact, et également des effets plus rapides. Enfin, on peine parfois à déceler l’effet de levier, c’est-à-dire cette capacité à alimenter un cercle économiquement vertueux et porteur pour l’avenir. Un plan de relance ne doit pas être seulement un plan de dépenses.

La Commission européenne avait déjà "tiqué" sur la première version, pointant le manque de réformes structurelles. Le plan amendé ne remédie pas vraiment à cette lacune. Ce n’est pas anormal en soi: les différents gouvernements du pays, en particulier le fédéral, ne sont pas bien vieux et tous sont englués dans la crise du Covid. Mais ces réformes n’en restent pas moins nécessaires à concrétiser si l’on veut réellement doper notre économie. Il s’agira de ne pas l’oublier.

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