Pour la Vivaldi, tout reste à faire

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L’accord budgétaire conclu par le gouvernement De Croo va dans la bonne direction. Mais il laisse aussi sur sa faim, tant de nombreux projets restent encore en chantier.

"Si nous voulons sortir plus forts de la crise, il en faut plus. Nous ne devons pas seulement nous redresser, notre économie doit également continuer à innover, devenir plus numérique et plus durable. Et plus de personnes – toutes les personnes – doivent ressentir ce progrès. C'est le moment pour de nouveaux investissements, pour des réformes et, surtout, pour de l'ambition." On ne peut qu’applaudir à cette déclaration prononcée ce mardi par Alexander De Croo à la Chambre. Hélas, entre ce bel objectif affiché par le Premier ministre et la réalité des mesures décidées par son gouvernement, il y a un décalage assez net.

Pour son premier exercice "post-corona", la Vivaldi a trouvé un accord sur son budget. C’est déjà une petite victoire en soi puisque accorder les violons entre les sept partis de la majorité n’est pas une sinécure. Il y a tout juste un an, dans un grand entretien accordé à L’Echo, Alexander De Croo confiait que son but était de "prouver que ce pays peut fonctionner". Aujourd’hui, le constat est là: l’orchestre joue sa partition, même si la musique n’est pas très harmonieuse.

L’épure financière proprement dite est un compromis équilibré entre une nécessaire réduction du déficit public à un niveau plus soutenable et une marge, effectivement souhaitable, pour de nouveaux investissements. Plusieurs décisions prises sont intéressantes. C’est le cas, par exemple, des réformes sur le marché du travail, de la réduction de la cotisation spéciale à la Sécurité sociale ou encore de la mise en place d’une norme énergétique.

Notre économie a besoin de réformes structurelles. Or, celles-ci sont à peine entamées ou esquissées.

Les intentions sont louables et les réalisations vont dans la bonne direction. Pour autant, ce "package" est-il à la hauteur des enjeux du moment (emploi, vieillissement, climat…)? La portée réelle de l’accord budgétaire semble limitée. Il reste, à tout le moins, beaucoup de travail à faire.

Plusieurs mesures doivent encore être concertées avec les patrons et les syndicats. Logique, la concertation sociale est importante. Mais au vu de ses échecs passés, cela laisse planer une lourde incertitude sur leur concrétisation. L’autorisation du travail de nuit dans l’e-commerce, enjeu crucial pour le secteur, est ainsi reportée de facto.

Enfin, notre économie a besoin de réformes structurelles. Or, celles-ci sont à peine entamées ou esquissées. Par exemple, les réformes du marché du travail ne sont qu’un petit pas vers l’objectif avoué d’atteindre un taux d’emploi de 80% à l’horizon 2030. En dehors de ce budget, d’autres dossiers fondamentaux sont encore en chantier: la prolongation (ou pas) des centrales nucléaires, la réforme des pensions, la grande réforme fiscale… Autrement dit, pour paraphraser Alexander De Croo lui-même, si nous voulons sortir plus forts de la crise, il en faut plus.

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