Pour un autre "wir schaffen das!"

L’Allemagne doit soutenir son marché intérieur

L’aigle allemand perd des plumes. Pendant dix ans, il a survolé les crêtes acérées que furent les crises financière, bancaire, économique, monétaire (à l’exception d’un trou d’air en 2013). Mais ces derniers mois, c’est comme si cette apparente légèreté avait caché un mal plus profond.

Il faut que l’Allemagne invente rapidement un autre paradigme économique, en investissant dans sa consommation intérieure.

Les chiffres de croissance ont montré cette semaine que l’économie allemande marquait à nouveau le pas. Une alerte qui nous rappelle que la locomotive de la zone euro avait déjà échappé de justesse à une récession à la fin de l’année passée et que le rebond du premier trimestre 2019 n’en était qu’une parenthèse.

L’Allemagne ne pourra pas compter sur ses investisseurs: leur moral, chiffré par l’indice ZEW, est tombé au plus bas depuis décembre 2011. Tout comme celui des politiciens allemands, plongés dans une torpeur anémique: les années fastes sont finies, déclarait en début d’année le ministre des Finances, Olaf Scholz.

Comment l’Allemagne en est-elle arrivé là? La raison première est qu’elle étouffe. Sous la pression du commerce international d’abord, plombé par la Chine et les Etats-Unis, ses deux partenaires principaux hors Europe, qui se livrent une guerre douanière sans merci. Sous la pression de ses citoyens ensuite, tétanisés par un règne politique à bout de souffle.

Le monde a un autre visage qu’il y a dix ans. Et l’Allemagne l’apprend à ses dépens. Aussi faut-il qu’elle invente rapidement un autre paradigme économique, en investissant dans sa consommation intérieure grâce aux fruits de cette rigueur qui lui a épargné les soubresauts de la dernière décennie. Notre voisine a ces moyens que la Belgique, également exportatrice, n’a plus depuis belle lurette.

En développant un plan d’investissements structurant, durable, intégré, l’Allemagne retrouverait un élan économique salvateur et cette adhésion citoyenne qui lui manque cruellement. L’aigle reprendrait enfin de l’altitude, et entraînerait dans son sillage tous les pays de la zone euro. Avec, comme glatissement, un autre "wir schaffen das!".

Lire également

Echo Connect