Pour une Flandre ouverte

Débat sur l’intégration et le nationalisme

Les partis négociant un accord de gouvernement flamand ont abordé ce jeudi le volet "intégration" de leur programme. La N-VA souhaite une politique beaucoup plus stricte. La note de base, rédigée par Bart De Wever, contenait déjà de forts accents identitaires, prévoyant ainsi d’établir un "canon de l’identité flamande" et faisant référence à l’idée de "nation". Politiquement, on sent bien, derrière ces postures, le souffle du Vlaams Belang. La N-VA est, elle-même, un parti nationaliste. Cette semaine encore, on a lu, stupéfait, des grands patrons flamands plaider pour une immigration choisie en fonction de la religion. On a vu des drapeaux jaunes et noirs fleurir au Pukkelpop, lieu où seule la musique devrait compter.

La Flandre n’a nul besoin de céder à la tentation de la fermeture.

Jeux dangereux. La définition d’une "identité nationale" est sujette à controverse. Le concept peut être "ouvert", beau, perçu comme le résultat de la volonté générale, du désir de vivre ensemble, d’une solidarité, du partage d’un héritage et de valeurs communes.

Mais il peut aussi être "fermé". C’est le repli sur soi et le rejet de l’autre, la prédominance du droit du sang et de l’hérédité. C’est, comme l’a magistralement dénoncé l’auteur péruvien Mario Vargas Llosa, une "idéologie aux idées courtes et exclusives, qui rogne l’horizon intellectuel et dissimule en son sein des préjugés ethniques et racistes, car elle transforme en valeur suprême, en privilège moral et ontologique, la circonstance fortuite du lieu de naissance".

La Flandre peut être fière de son histoire, de son patrimoine, de sa culture, de sa richesse économique et de tant d’autres choses. Elle n’a nul besoin de céder à la tentation de la fermeture.

De même, "l’intégration" (d’un étranger) peut légitimement passer par l’apprentissage d’une langue, d’une culture, de valeurs. Alors, l’individu peut s’épanouir. Il signe un pacte pour l’avenir, sans renoncer à ses racines. Chaque société, chaque individu, est riche de sa diversité. C’est tout le contraire d’une assimilation plus ou moins forcée.

Espérons que, dans ce débat qui dépasse d’ailleurs la Flandre, l’ouverture prédomine. Le contraire foulerait aux pieds nos libertés, nos démocraties, les droits humains. Or y a-t-il valeurs plus sacrées que celles-là pour fonder nos identités individuelle et collective?

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