Priorité à la Flandre

Le gouvernement flamand est sur les rails

La formation d’un nouveau gouvernement en Flandre a franchi lundi une étape décisive avec le choix d’un ministre-président (Jan Jambon) et d’une coalition suédoise (N-VA/CD&V/Open Vld) ainsi que la publication d’une note programmatique de base.

On se réjouit d’abord de voir le Vlaams Belang être écarté de cet exécutif. Enfin! L’idée de voir un parti populiste et xénophobe au pouvoir en Flandre était insupportable. Une coalition N-VA/Vlaams Belang était du reste arithmétiquement impossible. Mais la séquence laisse de l’amertume et des traces. Bart De Wever a discuté durant de longues semaines avec Tom Van Grieken. Si la manœuvre n’était pas dénuée d’arrière-pensée électorale, elle a contribué à conférer davantage de respectabilité et de normalité au Vlaams Belang. Et l’ébauche de programme du futur gouvernement flamand recèle de forts accents identitaires – des références à la "nation flamande" par exemple – que le Belang ne renierait pas.

Il ne faut pas exagérer la portée du choix flamand. La situation au Fédéral était, de toute façon, déjà dans une impasse.

Dans un Etat fédéral "normal", la constitution d’un gouvernement dans une entité fédérée ne doit pas avoir d’impact sur les autres niveaux de pouvoir. Mais la Belgique n’est pas un Etat "normal". Le choix posé par la N-VA complique donc encore un peu plus la donne pour la formation d’un gouvernement fédéral. En écartant le sp.a en Flandre, De Wever met de côté un parti qui peut jeter des "ponts" entre son parti et le PS, incontournable côté francophone. Jan Jambon était officiellement candidat Premier ministre. Et la note de base de Bart De Wever stipule que la Flandre doit "se préparer à un changement de paradigme institutionnel".

Il ne faut toutefois pas exagérer la portée du choix flamand. Les partenaires "suédois" n’exigent pas formellement d’aller ensemble au Fédéral. Surtout, la situation au Fédéral était, de toute façon, déjà dans une impasse. Aucune coalition ne s’y dessine. La suédoise n’a pas de majorité à la Chambre et le PS a exclu, ce lundi encore, de faire l’appoint. Surtout, entre les deux partis dominants que sont le PS et la N-VA, les programmes sont aux antipodes.

Pour sortir de cet imbroglio, il faudra du temps, de la créativité et une bonne dose de compromis. Ou retourner aux urnes, ce qui signifierait un échec terrible pour le monde politique dans son ensemble.

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