PS et N-VA devront bien se mettre à table

Mathieu Colleyn

L’arrêt des négociations en vue de former le gouvernement flamand va être de plus en plus difficile à tenir pour Bart De Wever.

Porte- fusil de la N-VA, Ben Weyts a encore rappelé vendredi qu’il était de l’intérêt de la Flandre de lier cette formation avec l’échelon fédéral. À ce niveau, la prochaine échéance – le rapport au Roi des informateurs Reynders et Vande Lanotte – n’est toutefois attendue que pour le 29 juillet. Les jours qui séparent la Belgique politique de cette date risquent de sembler long en Flandre. Et rien n’exclut un prolongement de cette mission royale. En attendant, la N-VA tente d’occuper le terrain. Le contenu d’une note comprenant la volonté de plaider au fédéral pour une baisse de la TVA sur l’électricité ressemble à une tentative de rapprochement avec le sp.a au pouvoir à Anvers avec les nationalistes.

Le CD&V presse la N-VA d’atterrir en Flandre. C’est de bonne guerre.

Bruno Tobback, figure des socialistes flamands, a rapidement renvoyé Bart De Wever à ses études. Avant que son parti fasse alliance avec deux partis de droite, à savoir la N-VA et l’Open Vld, "il faudrait que Bart De Wever devienne un manifestant pour le climat, qu’il entonne l’Internationale au perchoir du Parlement flamand et qu’il signe le Manifeste communiste", a-t-il lancé avec un humour que n’aurait sans doute pas renié Bart De Wever. Et le CD&V, laminé par l’électeur, de piaffer d’impatience qu’enfin démarre la formation du gouvernement flamand. C’est de bonne guerre.

Poussée par le patronat flamand, la N-VA, elle, invite le Parti socialiste à accepter le contact – le coup de la TVA est également perçu comme un appel du pied au PS – sans toutefois renoncer à son exigence confédérale. Celle-ci permet pourtant à Elio Di Rupo et Paul Magnette de rester sur leur position de refus. À l’évidence, la rencontre devra un jour se faire. On rappelle que l’objectif premier des informateurs royaux est toujours le même: favoriser le dialogue entre les deux premiers partis du pays.

Les deux hommes sont pour le moins discrets mais travaillent, entend-on. Si Didier Reynders et Johan Vande Lanotte échouent, la situation risque de se compliquer davantage pour la N-VA. Pourra-t-elle continuer à expliquer qu’il faut encore attendre avant de donner un gouvernement à la Flandre? Et surtout, l’intransigeance des socialistes n’a qu’un but: sortir les nationalistes du jeu fédéral. Au PS, on ne s’en cache pas, le premier choix est de contourner la N-VA.

Le PS formant la première famille politique du pays avec le sp.a, il n’y a aucune raison qu’il dévie de cet objectif à court terme. C’est son avantage sur la N-VA. Ce projet nécessite toutefois l’apport des écologistes, du MR et surtout du CD&V et de l’Open Vld. Ce sont ces deux partis que Bart De Wever espère lier avant qu’ils ne soutiennent une majorité fédérale sans lui. Voilà ce que devrait être le petit jeu de l’été. La traditionnelle trêve politique qui s’étale entre le 21 juillet et le 15 août s’annonce riche en contacts informels.

Lire également

Echo Connect