Quand le métal refroidit

©Sofie Van Hoof

Quand le leader mondial de la sidérurgie nous prédit un ralentissement de l’activité au 3e trimestre, ce sont tous les économistes de la planète qui tendent l’oreille.

Entreprise cyclique par excellence, ArcelorMittal est un peu à l’économie mondiale ce qu’est le baromètre de la Banque nationale de Belgique à la zone euro: un excellent indicateur de l’activité des mois à venir. Quand le leader mondial de la sidérurgie, solidement ancré dans les marchés émergents, nous prédit un ralentissement de l’activité au 3e trimestre, ce sont tous les économistes de la planète qui tendent l’oreille. En cause, selon Mittal père et fils, des facteurs saisonniers mais aussi les effets du ralentissement économique en Chine. Le problème, c’est que ce ralentissement chinois vient se greffer sur une croissance américaine qui affiche de sérieux ratés. Dernier signal en date: le recul inattendu des commandes de biens durables, bon indicateur du tonus du secteur manufacturier. Ceci après un autre repli, la veille, du moral des consommateurs. Deux déceptions successives qui éclairent plus crûment le pessimisme savamment entretenu par Ben Bernanke lors de son audition au Congrès la semaine dernière. Une manière sans doute aussi pour le président de la Réserve fédérale d’écarter toute déception lorsque les chiffres du PIB américain du deuxième trimestre seront dévoilés demain vendredi.

Que la Chine reprenne son souffle en matière économique n’est pas forcément une mauvaise nouvelle. Mais que dire alors de la zone euro?  Le spleen du couple "Chinamerica" intervient précisément au moment où la zone euro sortait timidement la tête hors de l’eau. Un sursaut confirmé par un excellent indice de l’industrie manufacturière dans la zone en juillet. Ainsi que par le redressement du baromètre de la BNB et surtout de l’Ifo allemand. Dès lors, le danger est grand est de voir cette soudaine embellie tuée dans l’œuf. D’autant que des mesures d’austérité se profilent à l’horizon dans la zone euro. Peut-être les pays concernés devront-ils dès lors mieux adapter le phasage de ces mesures, afin d’éviter une réelle embardée de l’économie.

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