Quand les AG s'ambiancent

Anne-Sophie Bailly

Des assemblées générales houleuses

Ce jeudi, le management de Deutsche Bank a été pris à partie par des associations de petits porteurs, furieux de voir le cours de l’action bancaire atteindre un plancher. Il y a quelques jours, chez Bayer, c’est le rachat de Monsanto qui a été au cœur d’un affrontement entre direction et actionnaires. Avec in fine, un non de l’assemblée au plan stratégique proposé par le management. Quant aux détenteurs de titres Volkswagen, ils ont été apostrophés par une lycéenne de 18 ans à coups de "Il y a 2.000 personnes dans cette salle qui se félicitent de tout le mal qu’ils font" et de "Je veux que vous regardiez vos enfants dans les yeux et que vous leur disiez: j’ai vendu ton avenir". Voila qui change du ton habituellement policé et feutré des assemblées générales.

L’assemblée générale est là pour rappeler que le management d’une entreprise n’est pas omnipotent.

Et c’est tant mieux. Car ce rendez-vous annuel est souvent réduit à un expéditif trio "entérinement des comptes – quitus au management – biscuits secs" (ou au choix "vote-champagne-cadeau"). Mais c’est trop rarement le lieu du débat sur le fond, la marche des affaires, l’avenir de l’entreprise, sa finalité, son bilan social ou environnemental. Et pourtant, c’est à cette occasion que le management se confronte à une frange de ses stakeholders, ses actionnaires.

Une entreprise n’est pas une démocratie, c’est un fait. Mais l’assemblée générale est là pour rappeler que le management n’est pas non plus omnipotent. Que si les performances du conseil ne sont pas au rendez-vous, il devra rendre des comptes. Que si la nomination d’un administrateur pose question, elle peut ne pas être entérinée. Que si le contrat n’est pas rempli, une sanction peut tomber.

L’assemblée générale, c’est donc l’endroit idéal pour s’exprimer, débattre et voter. Si elle reprend son rôle dans le monde de l’entreprise, c’est tant mieux.

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