Quand négocier signifie détricoter

©Aude Vanlathem

Marche arrière toute sur les provisions nucléaires

Alors que le Premier ministre Charles Michel et sa ministre de l’Energie Marie Christine Marghem jouent les gros bras, ces derniers jours, face à Electrabel et à l’augmentation des prix que provoque l’indisponibilité des réacteurs nucléaires, ils se sont engagés dans une négociation avec Engie qui risque de faire porter par le citoyen belge des milliards d’euros de coûts liés au démantèlement des centrales et à la gestion des déchets nucléaires.

Définir le droit fait partie des fonctions régaliennes de l’État. Pourquoi, alors qu’un texte a été avalisé par le conseil des ministres, continuer à négocier avec l’administré?

Le gouvernement a adopté fin juillet un avant-projet de loi qui vise à mieux bétonner les provisions nucléaires, et notamment la partie reprêtée à Electrabel. Mais la ministre de l’Energie, à qui le conseil des ministres avait aussi donné pour mission d’examiner s’il ne convenait pas de renforcer encore le texte, a continué les discussions avec la maison mère d’Electrabel, poussée dans le dos par Charles Michel. Et sans surprise, le résultat qui se trouve aujourd’hui sur la table ressemble fort à un détricotage complet du texte précédent.

Définir le droit fait partie des fonctions régaliennes de l’État. Pourquoi, alors qu’un avant-projet de loi a été avalisé par le conseil des ministres, continuer à négocier avec l’administré? Pour augmenter la sécurité juridique du nouveau dispositif, entend-on, et éviter un recours d’Engie ou Electrabel contre la nouvelle loi.

Sauf qu’on connaît la force de frappe du groupe, et les moyens qu’il est capable de mobiliser pour faire passer son point de vue. Une fois encore, Etienne Davignon joue ici le Monsieur bons offices, et réussit à convaincre nombre de ses interlocuteurs qu’il défend les intérêts de tout le monde. Alors certes, quelques horreurs ont été repoussées par le cabinet Marghem, comme la tentative d’Engie de figer à jamais le taux d’actualisation des provisions nucléaires, désormais fixé à 3,50%. Mais la ministre semble en passe de laisser Engie dicter une grande partie de la loi sur les provisions nucléaires. Et tout le temps que durent les discussions, Engie a les mains libres pour continuer à vider sa filiale Electrabel d’importants actifs.

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