Publicité

Quelles règles du jeu?

Est-on sur le bon chemin en matière de régulation bancaire? On peut émettre certaines réserves.

Les mesures concernant les banques, censées être prises par les Etats et les régulateurs,
devraient veiller à mettre en place un système capable d’éviter une répétition des crises passées. C’est la logique même. Mais est-ce réellement le cas? Il est permis d’en douter pour l’instant. L’idée d’une taxe internationale sur les banques défendue encore hier par Gordon Brown n’est pas dénuée de relents politiques à quelques semaines des élections en Grande-Bretagne.
Plus globalement, les revenus d’une telle taxe pourraient aller directement se loger dans les caisses des Etats, ce qui ne règle en rien le problème potentiel d’une autre crise systémique. 
Et si au contraire, cette taxe sur les banques est destinée à créer un fonds de protection contre de futures faillites, la crainte est de renforcer l’«aléa moral» et d’encourager à nouveau les comportements à risques de certains banquiers.
Sans oublier que le Canada, hôte du prochain G20 en juin, se dit déjà fermement opposé à cette taxe mondiale sur les banques... 
Finalement, c’est aux USA que les initiatives du tandem Paul Volcker-Barack Obama vont le plus loin dans la redéfinition des règles du jeu pour les banques. Mais la résistance face à ces mesures apparaît très forte. Pour Alan Greenspan, il sera «très difficile» d’appliquer la mesure visant à interdire aux banques de spéculer pour compte propre sur les marchés. Car la ligne de démarcation entre les activités pour compte propre et les activités pour clients est très ténue.
Le secrétaire au Trésor, Tim Geithner, ne semble pas davantage convaincu par ces mesures. Pas plus d’ailleurs que Ben Bernanke, le patron de la Réserve fédérale. 
Le lobby des banques américaines risque donc de peser de tout son poids avant les discussions au Sénat. Tout comme le lobby européen tourne également à plein régime face aux nouvelles normes de Bâle concernant la solvabilité et la liquidité des banques. Un an après le fameux sommet du G20 à Londres, ce n’est guère bon signe.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés