Qui a peur du méchant loup?

©Aude Vanlathem

Seul le MR veut de la N-VA à Bruxelles.

C’était relativement prévisible. Le MR reste bien seul, après avoir annoncé qu’il ne verrait pas d’un mauvais œil la montée de la N-VA à bord de la future majorité bruxelloise, en 2019. Les autres partis francophones, eux, ont fermé le volet avec une certaine moue de dégoût – le PS a parlé d’introduire le loup dans la bergerie.

Plus de quinze mois avant les élections régionales, voilà donc les nationalistes flamands dotés d’un futur allié, tandis qu’une flopée d’autres formations francophones ont juré peu ou prou qu’on ne les y prendrait jamais. Au risque d’enfoncer une porte ouverte, avant de prendre de solennels engagements, de crier au risque de blocage des institutions bruxelloises, ne pourrait-on pas laisser le scrutin se dérouler et les électeurs exprimer leur choix? Il sera alors toujours temps de voir si la N-VA s’est rendue, ou non, incontournable dans la capitale et quelles leçons il convient d’en tirer.

Parce qu’on sait bien ce qu’il en est, de ces promesses préélectorales. Qui n’engagent que ceux qui y croient. On a vu des fiancés se répudier au sortir des urnes et des anathèmes se muer en contrat de mariage – en 2014, le MR n’avait-il pas assuré qu’il ne s’allierait pas avec la N-VA?

Alors bien sûr, il y aurait quelque chose d’incongru à voir un parti niant la réalité bruxelloise et n’ayant que le mot "cogestion" à la bouche prendre les rênes de la capitale. Tout comme il a été cocasse de voir s’installer confortablement à l’étage fédéral ces mêmes nationalistes flamands rêvant de la dissolution de la Belgique.

En attendant, au lieu de grimacer et de hurler au grand méchant loup, les partis francophones seraient bien inspirés de s’interroger sur ce qui pourrait faire le succès de la N-VA à Bruxelles. De cesser de jouer à l’autruche en prétendant que tout fonctionne parfaitement en l’état. Répartition des compétences entre Région et communes, fusion des communes ou des zones de police: voilà autant de débats qui auraient dû être menés dans la sérénité depuis des années. Soit avant que la N-VA ne s’en empare en pointant, avec raison, que quelque chose ne tourne pas rond en terres bruxelloises.

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