Rappel à l’ordre

©Nima Ferdowsi

La secousse enregistrée hier sur les marchés financiers est un utile rappel à l’ordre pour les investisseurs: la sortie de crise reste un chemin parsemé d’embûches. Depuis le début de l’année, si l’indice Bel 20 limite les dégâts (-2,2%), l’indice paneuropéen Dow Jones Euro Stoxx 50 a déjà abandonné près de 9%. Et la chute des marchés en Grèce, au Portugal et en Espagne se situe entre 11% et 14%. Le malaise est évident. 

Mais dans le même temps, les raisons de la chute sont loin d’être neuves. Et, de manière assez surprenante, des nouvelles relativement positives semblent aujourd’hui niées  par les marchés. Après tout, que le chômage soit inquiétant aux Etats-Unis, tout le monde - Barack Obama en premier -  l’a intégré depuis que la barre des 10% de chômeurs a été franchie outre-Atlantique. Mais pourquoi le marché occulte-t-il alors cette nouvelle  plus rassurante liée à l’indicateur de l’activité manufacturière  qui a atteint lundi son plus haut niveau depuis août 2004, confirmant la résistance de l’économie américaine? 

En Europe, les problèmes sont connus. La reprise économique ne sera que progressive, ce qui assure des taux d’intérêt à un bas niveau pendant encore plusieurs mois. Et que la Grèce mais aussi  l’Espagne et le Portugal connaissent des problèmes budgétaires aigus n’est pas davantage une  surprise. Placée désormais sous tutelle par la Commission européenne , la Grèce semble avoir enfin assimilé  qu’elle n’avait plus droit à l’erreur. Dans ce contexte, le rappel à l’ordre adressé hier par Jean-Claude Trichet à tous les pays peu vertueux de la zone euro est tout aussi utile que celui adressé par les marchés aux investisseurs.

Enfin, que la Chine prenne des mesures pour brider la surchauffe de son économie et que le président Obama cadre  mieux ses banques constituent deux éléments qui permettront -en principe- d’éviter de futures crises.

Certes, l’actuelle sortie de crise n’est pas aisée. Certes, la situation dans la zone euro est critique. Mais ce serait une erreur de trop noircir le tableau.

Marc Lambrechts

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