Reconstruire la Wallonie, oui, mais en mieux

Rédacteur en chef adjoint

Le gouvernement wallon a annoncé un plan de reconstruction de 2 milliards d'euros pour les régions dévastées par les inondations. Une aide qui devra faire la preuve de son efficacité et de sa pertinence face à ce deuxième coup du sort après la crise sanitaire.

Deux milliards pour reconstruire la Wallonie inondée. Un chiffre qui claque. Et qui n'est pas définitif. Un montant qui est à la hauteur de la catastrophe, à la hauteur des besoins des victimes, des entreprises détruites et de leurs employés, de cette Wallonie meurtrie par les précipitations historiques qui ont imbibé son territoire. Le gouvernement régional ajoute ce chèque aux multiples aides financières d'urgence qui ont fusé au lendemain des événements. Dans le détail, un milliard proviendra d'une levée de fonds auprès des marchés financiers, 200 millions de sa propre trésorerie et les 800 millions d'euros restants seront ponctionnés dans le plan de relance, dont certains projets devront dès lors être abandonnés.

Cedit "plan de relance" est-il pour autant fragilisé? Non, au contraire. En tout cas pas tant que l'équilibre économique, environnemental et sociétal qui sous-tend sa motivation percole dans ce nouveau volet qu'est la reconstruction post-catastrophe en Wallonie. Et il faudra, là, faire preuve d'intelligence.

Sur le volet environnemental, par exemple. La reconstruction ne peut évidemment se faire dans le déni. La tragédie qui s'est déroulée sous nos yeux nous a montré par l'horreur comment certaines décisions du passé concernant la proximité de zones inondables, la fragilité du bâti et l'aménagement du territoire pouvaient tuer. Des notions qui devront accompagner l'actuelle volonté d'isoler correctement les habitations, de rendre plus vert le chauffage et de marier la présence humaine à la biodiversité.

Il serait inconcevable, dans un pays riche comme le nôtre, que nous ne soyons pas capables de donner une réponse adéquate à la détresse des victimes des inondations.

Le deuxième volet, économique, est le plus évident et le plus opportuniste. La reconstruction s'aligne forcément à la dynamique d'entrepreneuriat et d'emploi que revêt le plan de relance. Sauf que c'est là que se serre le nœud gordien de la pénurie de main-d'œuvre et de matériaux, un nœud que le monde politique et les entreprises devront trancher. Sinon, le troisième volet de notre équilibre, le sociétal, en fera les frais.

Sinon, aussi, l'immense élan de solidarité et la résilience impressionnante des victimes se heurteraient à un mur: il serait inconcevable, dans un pays riche comme le nôtre, que nous ne soyons pas capables de donner une réponse adéquate à la détresse des victimes des inondations. Une réponse rapide, efficace et correctement ciblée. Le succès d'un tel défi serait doublement gagnant, car alors nous pourrions dire que les milliards annoncés aujourd'hui sont en fait un renforcement du plan de relance, et non une simple réallocation.

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