Réduire la vitesse, une évidence

100 km/h sur autoroute?

Les Pays-Bas vont abaisser la vitesse maximale sur les autoroutes à 100 km/h au lieu de 130. En Belgique, copier la mesure néerlandaise n’est pas à l’ordre du jour et l’idée suscite peu d’enthousiasme politique car elle semble impopulaire. Il est, au passage, assez cocasse de relever que les partis les plus fermes en matière de sécurité sont subitement moins pressés de serrer la vis lorsqu’il s’agit des délinquants de la route. Mais le débat est lancé. Hors autoroutes, Bruxelles a d’ailleurs l’intention de passer entièrement en zone 30.

Embrayer sur le choix opéré par nos voisins d’outre-Moerdijk doit être la direction à suivre. D’abord pour des motifs environnementaux. Réduire la vitesse, c’est globalement diminuer la consommation du véhicule et donc ses émissions de CO2.

Pousser sur le champignon de son SUV pour arriver plus vite dans les embouteillages ou au feu rouge n’a guère de sens.

Ensuite, des vitesses adaptées et constantes permettent de fluidifier le trafic. Pousser sur le champignon de son SUV pour arriver plus vite dans les embouteillages ou au feu rouge n’a guère de sens. Une baisse de vitesse n’a qu’une influence marginale sur la durée du trajet.

Enfin, diminuer la vitesse est positif pour la sécurité routière. Selon l’institut Vias, passer de 120 à 100 km/h sur autoroute occasionnerait une centaine d’accidents graves en moins par an et sauverait dix vies. Un accident sur trois est dû à une vitesse excessive. Ce n’est pas une fatalité.

Climat, mobilité, sécurité: tous les arguments rationnels plaident en faveur d’une baisse de la vitesse autorisée sur nos routes. Un bémol: une généralisation d’un chiffre fétiche – que ce soit 100 km/h ou un autre – nous semble moins appropriée. C’est un changement de mentalité qu’il faut conduire. Car l’objectif ne doit pas être d’augmenter le nombre d’infractions, mais bien d’obtenir des changements concrets dans les comportements. Une première étape est de faire respecter mieux la réglementation actuelle, ce qui est loin d’être le cas. Ensuite, des limitations intelligentes, variables selon la densité du trafic, selon les conditions météo, selon les moments de la journée et les endroits, seraient mieux comprises, et donc mieux appliquées. Ce serait déjà un sacré coup d’accélérateur…

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