Relance, vous avez dit relance?

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Une stratégie européenne commune en faveur de la croissance? Plus facile à dire qu'à faire...

S’il succède à Nicolas Sarkozy à l’Elysée comme semblent le pronostiquer tous les sondages, François Hollande sera d’emblée confronté à un défi de taille: tenir l’une de ses promesses de campagne les plus emblématiques, à savoir celle de renégocier le Pacte budgétaire européen, afin de lui adjoindre un volet "croissance". Renégocier, et non pas compléter, a bien précisé le leader socialiste. S’il s’en tient au respect de la lettre de cet engagement, on lui souhaite bonne chance. Comment ses partenaires européens, au premier rang desquels l’Allemagne, pourraient-ils accepter de rouvrir un texte adopté récemment par 25 des 27 pays de l’UE et qui est déjà en cours de ratification? Ce serait un précédent terriblement dangereux pour l’Union. Chaque nouvelle élection pourrait dorénavant être le prétexte à une remise en cause de la parole donnée. Quant aux marchés financiers, à nouveau très nerveux, on peut douter qu’ils goûtent fort ce enième revirement européen, alors qu’ils réclament précisément plus de cohérence et de prévisibilité de la part des responsables de la zone euro.

Revenir en arrière ne semble donc guère plausible, d’autant que tout le monde s’accorde sur la pertinence des mesures adoptées en matière de discipline budgétaire. L’Europe vit en effet à crédit depuis trois décennies et doit en finir avec cette habitude détestable de financer son train de vie actuel en laissant des montagnes de dettes à ses enfants.

En revanche, aller de l’avant dans le sens de l’adoption de mesures favorables à la croissance, en complément du respect du Pacte, reste judicieux. C’est même ce que semblent désormais réclamer les marchés. Mais les obstacles sont légion. Un: toute relance keynésienne est quasiment impossible, puisqu’il s’agit précisément d’éliminer les déficits. Et à l’instar du soutien monétaire, l’outil a ses -nettes- limites. Deux: l’exercice qui consiste à construire une stratégie de croissance à l’échelle européenne est horriblement compliqué. Depuis deux décennies, les dirigeants européens n’ont quasiment obtenu que des échecs dans ce domaine, du Livre blanc de Delors au processus de Lisbonne en passant par la stratégie "Eu-2020", déjà mort-née. De nouvelles pistes semblent s’esquisser. Mais il va falloir preuve de volontarisme, d’audace et de courage. Trois qualités bien rares au sommet de l’Europe ces dernières années. 

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