Répétition générale avant le Brexit

Rédacteur en chef adjoint

La mutation du virus au Royaume-Uni montre que la pandémie peut encore nous réserver des surprises. Elle nous offre aussi une répétition générale grandeur nature du Brexit.

C’est presque le Brexit avant l’heure. En 24 heures, une quinzaine d’États européens ont claqué la porte au nez d’Albion. En cause, un nouveau variant du Covid-19, qui s’y répand comme une trainée de poudre. Ce que la communauté scientifique sait de cette mutation nous suggère en effet la plus grande prudence. À Londres, elle touchait 62% des nouveaux cas d’infection, chiffres du 9 décembre, contre 28% un mois avant. Selon les résultats préliminaires des études britanniques, le variant augmente de 40% à 70% les probabilités de transmission.

Si ces données se confirment, cela nous confronterait à un triple défi.

Tout d’abord, se croire à l’abri serait une erreur. Même si les frontières entre le Royaume-Uni et ses pays voisins sont fermées, ce variant est déjà sur le continent, et aussi en Belgique. Il faudra donc, comme le suggère le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), en suivre l’étendue au sein de la population, mais aussi évaluer les potentielles réinfections chez certains individus déjà contaminés. Une nouvelle séquence s’ouvre donc pour les équipes sanitaires du gouvernement De Croo.

Pour les vaccins, il y aura peut-être des choix à faire. Et si tel est le cas, qu'en disent les contrats signés par nos Etats?

Le défi pour les entreprises pharmaceutiques est tout aussi grand. Des recherches préliminaires invitent à étudier une potentielle résistance à certains vaccins. À l’heure où l’Europe distribue ses premières autorisations, l’enjeu n’en est que plus crucial. Il y aura peut-être des choix à faire. Et si tel est le cas, qu'en disent les contrats signés par nos Etats?

Dans l’immédiat, le défi le plus criant est celui de la libre circulation des biens et des personnes. Déjà les difficultés se profilent sur le rapatriement des uns et des autres, sur l’approvisionnement du Royaume-Uni et sur la logistique de nos entreprises.

Avant le mur tarifaire du Brexit, un mur sanitaire est venu se dresser sur la Manche.

Beaucoup de conditionnel, beaucoup d’inconnues. Mais une chose est sûre: avant le mur tarifaire du Brexit, un mur sanitaire est venu se dresser sur la Manche. Cela montre, par l’extrême, à quel point le Royaume-Uni, dans son isolement, est devenu vulnérable. Cela montre aussi combien le continent lui a toujours été proche, physiquement et économiquement. Une belle leçon, grandeur nature, pour ceux qui cherchent encore à torpiller un accord sur le Brexit.

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